Brésil : Flávio Bolsonaro prend la route des États-Unis après sa défaite
Battu par Luiz Inácio Lula da Silva à la présidentielle du 25 octobre, le sénateur brésilien Flávio Bolsonaro aurait quitté son pays malgré une injonction judiciaire de remettre ses passeports. Washington annonce qu’il délivrera des visas à l’opposant et à sa famille, au risque d’accentuer les tensions avec Brasilia.
La défaite électorale n’aura pas été le seul revers de Flávio Bolsonaro. Le sénateur brésilien, candidat malheureux à la présidentielle du dimanche 25 octobre 2026, aurait quitté le Brésil en direction des États-Unis, selon plusieurs informations concordantes publiées mardi 27 octobre. Dans le même temps, un haut responsable américain a annoncé que Washington délivrerait des visas à l’homme politique et aux membres de sa famille, leur permettant d’entrer sur le territoire américain.
Ce départ intervient dans un contexte judiciaire délicat pour le fils de l’ancien président Jair Bolsonaro. Il survient également quelques jours après une élection remportée par le président sortant Luiz Inácio Lula da Silva, qui s’apprête à exercer un quatrième mandat à la tête du Brésil.
Une défaite suivie d’un départ controversé
Au second tour du scrutin, Lula da Silva a obtenu 51,79 % des suffrages exprimés, contre 48,21 % pour Flávio Bolsonaro. Le président réélu a recueilli plus de 64,2 millions de voix, devançant son adversaire de plus de 4,4 millions de suffrages.
Mais le lendemain de cette défaite, le sénateur a été sommé par le juge Alexandre de Moraes, de la Cour suprême fédérale, de remettre ses passeports aux autorités dans un délai de 24 heures. Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’investigations judiciaires le concernant, notamment sur des soupçons de blanchiment d’argent. Flávio Bolsonaro conteste toute irrégularité.
Le délai ayant expiré sans remise des documents, la police fédérale brésilienne a signalé le non-respect de l’injonction et procédé à l’annulation de ses passeports dans son système de contrôle. Des responsables américains et des personnes proches du sénateur ont ensuite confirmé son départ vers les États-Unis. Les circonstances précises de son voyage et sa localisation exacte n’étaient toutefois pas clairement établies dans les premières informations publiées.
Washington ouvre ses portes au sénateur
L’annonce américaine ajoute une dimension diplomatique à cette affaire. Un haut responsable du département d’État a indiqué que les États-Unis délivreraient des visas à Flávio Bolsonaro et à sa famille, leur permettant d’entrer dans le pays. Cette déclaration ne constitue pas, à elle seule, une confirmation de l’octroi d’un statut d’asile politique.
Le sénateur peut compter sur la proximité politique entre sa famille et Donald Trump. Son frère, Eduardo Bolsonaro, réside aux États-Unis et avait publiquement évoqué la possibilité d’un départ de Flávio en cas de défaite électorale. La décision annoncée par Washington pourrait ainsi alimenter les interrogations sur les relations entre l’administration américaine et les proches de l’ancien président brésilien.
Lula dénonce un départ « honteux »
À Brasilia, Lula da Silva a vivement réagi à la nouvelle. Le jour de son 81e anniversaire, mardi 27 octobre, le président réélu a qualifié de « honteux » le départ de son adversaire vers les États-Unis. Il a également estimé que celui qui se considère innocent devrait rester dans son pays pour répondre aux accusations qui le visent.
La controverse dépasse donc la seule rivalité électorale. Elle met en jeu la portée d’une décision judiciaire brésilienne, les garanties de procédure applicables à un sénateur sous enquête et la liberté d’un gouvernement étranger d’accorder des visas à une personnalité politique controversée.
À ce stade, il convient toutefois de distinguer les faits établis des accusations : Flávio Bolsonaro fait l’objet d’investigations, mais les soupçons portés contre lui ne valent pas condamnation. Son départ présumé et l’annonce américaine ouvrent désormais un nouveau chapitre dans une confrontation politique qui pourrait peser sur les relations entre Washington et Brasilia.

