Sanctions contre la Russie : Donald Trump décrète une pause controversée, Marco Rubio relativise
C’est un virage diplomatique qui fait déjà l’effet d’une onde de choc sur la scène internationale. Vendredi soir, le président américain Donald Trump a annoncé la suspension de l’application des nouvelles sanctions visant la Russie. Invoquant « l’intérêt national », le locataire de la Maison-Blanche a choisi d’exempter Moscou des mesures coercitives inscrites dans la loi Graham, un texte qu’il avait pourtant promulgué en septembre dernier.
Une « pause de 60 jours » défendue par Washington
Face au tollé généralisé, l’administration américaine a rapidement tenté de tempérer l’impact de cette décision. Samedi soir, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a relativisé cette initiative en précisant qu’il ne s’agissait que d’une « pause de 60 jours ». Selon le Secrétaire d’État, ce délai doit permettre aux services américains d’analyser en profondeur les répercussions économiques globales de ces sanctions, tant sur l’économie mondiale que sur celle des États-Unis.
L’Ukraine indignée, la classe politique américaine divisée
Cette explication est loin de convaincre à Kiev. L’Ukraine a immédiatement dénoncé un véritable encouragement à la poursuite de l’agression russe sur son territoire. Outre-Atlantique, la décision présidentielle provoque également une tempête politique. Donald Trump essuie des critiques virulentes qui ne proviennent pas seulement de l’opposition démocrate, mais également de figures influentes de son propre camp républicain.
En revanche, la satisfaction est totale du côté du Kremlin : l’émissaire russe Kirill Dmitriev s’est ouvertement félicité de cette décision américaine, y voyant un signe d’apaisement salué par Moscou.
Les Européens fustigent un désengagement américain
En Europe, les choix de Washington suscitent une vive consternation et des prises de parole cinglantes. Le président français Emmanuel Macron a publiquement jugé « inapproprié » et « inefficace » l’accord sur le gazole russe.
De son côté, le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, est monté au créneau pour dénoncer une « erreur majeure ». Il a particulièrement ciblé les restrictions d’accès imposées à Kiev concernant les systèmes satellitaires et les services de renseignement américains, avertissant que de telles mesures risquent, in fine, de prolonger inutilement le conflit.

