Cisjordanie occupée : Des colons israéliens attaquent un convoi diplomatique européen
Une délégation comprenant des diplomates français, belges et polonais a été prise à partie samedi 17 octobre dans le village palestinien de Taybeh, en Cisjordanie occupée. Le maire français Bernard Baudoux, âgé de 78 ans, a été frappé et blessé. L’incident a provoqué de vives réactions diplomatiques et relancé les appels à protéger les civils palestiniens.
Une visite diplomatique en Cisjordanie occupée a été marquée par une violente agression. Samedi 17 octobre 2026, des colons israéliens masqués et armés de gourdins ont attaqué une délégation européenne dans le village chrétien palestinien de Taybeh, près de Ramallah. Parmi les personnes prises pour cible figure Bernard Baudoux, maire communiste d’Aulnoye-Aymeries, dans le nord de la France.
Selon les témoignages recueillis sur place, l’élu de 78 ans a été jeté au sol puis frappé. Une vidéo diffusée après les faits le montre assis à terre, adossé à un véhicule. Un diplomate a indiqué que ses jours n’étaient pas en danger. Une vitre d’un véhicule diplomatique belge a également été brisée au cours de l’attaque. La délégation comprenait notamment des représentants français, belges et polonais, ainsi que des responsables catholiques.
Bruxelles et Paris condamnent l’agression
Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a condamné avec fermeté l’attaque. Dans un message publié sur le réseau social X, il a indiqué que des Palestiniens, le consul général belge, des diplomates français et polonais ainsi que des représentants catholiques avaient été visés. Il a confirmé qu’un maire français avait été agressé et qu’un véhicule belge avait été endommagé, tout en précisant que son équipe était saine et sauve.
La réaction française a également été ferme. Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a qualifié les faits de « révoltants » et appelé les autorités israéliennes à identifier les responsables, à les arrêter et à les traduire en justice. Il leur a demandé de faire cesser les violences et de garantir la sécurité des populations civiles, conformément aux obligations qui leur incombent au regard du droit international.
Interrogé sur les circonstances de l’agression, Bernard Baudoux a dénoncé une violence qu’il juge injustifiable. Il a également mis en cause la tolérance dont bénéficieraient, selon lui, les auteurs de ces actes. L’élu a appelé l’opinion internationale à ne pas détourner le regard des violences subies par les Palestiniens.
Israël annonce une enquête
L’armée israélienne a condamné l’attaque, qu’elle a qualifiée d’acte grave commis par des émeutiers israéliens. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, a également dénoncé les violences et annoncé l’ouverture d’une enquête policière. Il a toutefois regretté que la visite de la délégation européenne n’ait pas été coordonnée au préalable avec l’armée israélienne.
Le bureau du Premier ministre Benyamin Netanyahu a, pour sa part, dénoncé ce qu’il considère comme une campagne de « diffamation » contre Israël et les habitants juifs de Cisjordanie. Il a appelé à la prudence dans l’appréciation des faits, estimant que les accusations formulées avant la fin des vérifications pouvaient alimenter une présentation biaisée de la situation.
Ces réactions interviennent dans un contexte de tensions persistantes en Cisjordanie occupée, notamment pendant la récolte annuelle des olives. Les agriculteurs palestiniens sont régulièrement confrontés à des actes d’intimidation, à des agressions et à des dégradations qui entravent leur accès aux terres agricoles.
Une nouvelle alerte sur les violences en Cisjordanie
L’agression de Taybeh survient au lendemain d’une autre attaque visant la photojournaliste américaine Heidi Levine, qui travaille pour le Washington Post. Elle a été blessée alors qu’elle couvrait la récolte des olives en Cisjordanie. La succession de ces incidents suscite des inquiétudes concernant la sécurité des civils, des journalistes et des observateurs internationaux présents sur le terrain.
Pour les responsables européens, la priorité est désormais l’établissement des responsabilités et la poursuite des auteurs. Au-delà de l’atteinte portée à une délégation comprenant des représentants diplomatiques, l’affaire remet en lumière la question de la protection des populations palestiniennes dans un territoire occupé et celle de la lutte contre l’impunité.
L’enquête annoncée par les autorités israéliennes devra permettre de préciser les circonstances de l’attaque et d’identifier les personnes impliquées. En attendant, Paris et Bruxelles demandent que les actes de violence ne restent pas sans suites judiciaires.

