Enlisement à Addis-Abeba : Le Giec déchiré sur son calendrier face aux urgences climatiques
Réunie en plénière dans la capitale éthiopienne, l’institution onusienne en charge de l’évaluation du climat n’a pas réussi à s’entendre sur la feuille de route de ses prochaines publications. Ce blocage diplomatique, enlisé depuis deux années consécutives, met aux prises deux visions radicalement opposées au sein de l’assemblée.
Quand la science du climat est prise en otage par les intérêts fossiles : le Giec, au pied du mur, s’embourbe dans une crise existentielle à Addis-Abeba. D’un côté, une vaste coalition d’États du Nord et du Sud exhorte à une parution avant la fin de 2028 afin d’arrimer les conclusions de la recherche au grand bilan mondial de l’action climatique prévu la même année. De l’autre, une minorité de pays freine le processus. Si le prétexte avancé évoque la prise en compte des productions scientifiques issues des pays du Sud, les observateurs y voient plutôt une manœuvre dilatoire de nations fortement dépendantes des hydrocarbures, soucieuses d’éviter la lumière crue des experts sur leurs émissions de gaz à effet de serre.
Pourtant, le monde de la recherche l’assure : la machine est prête à accoucher d’un triptyque complet sur la science climatique, l’atténuation et l’adaptation dans les délais impartis. Alors que les dérèglements se multiplient et ravagent les territoires, cette panne des négociations politiques menace de ralentir le tempo des décisions internationales au moment où chaque année compte.

