Sénégal : Une proposition de loi relance le débat sur l’éligibilité d’Ousmane Sonko
Au Sénégal, le processus législatif autour d’une éventuelle modification du Code électoral franchit une première étape. Le Bureau de l’Assemblée nationale a déclaré recevable une proposition de loi portée par la majorité parlementaire visant à modifier les articles L.29 et L.30, dans un contexte marqué par les débats sur l’éligibilité de Ousmane Sonko à l’horizon 2029.
Réuni sous la présidence de El Malick Ndiaye, le Bureau du Parlement a donné un avis favorable à ce texte, ouvrant ainsi la voie à la poursuite de la procédure législative. Cette décision, actée à l’issue d’une séance officielle, constitue une étape importante, même si le processus reste encore à ses débuts.
Une procédure encadrée par la Constitution
Conformément aux règles en vigueur, la proposition de loi doit désormais être transmise au président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Celui-ci dispose d’un délai de dix jours pour formuler un avis, en application de l’article 69 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale.
Cette étape, bien que formelle, s’inscrit dans le respect de l’équilibre institutionnel entre l’exécutif et le législatif. Toutefois, selon plusieurs analyses juridiques relayées par des sources proches du Parlement sénégalais, l’avis du chef de l’État ne lie pas les députés.
En effet, même en cas de réserve ou d’opposition, l’Assemblée nationale conserve la possibilité de poursuivre l’examen du texte. La recevabilité ayant déjà été validée par le Bureau, seule une décision interne ou un retrait volontaire des auteurs pourrait interrompre la procédure.
Un enjeu politique majeur
La modification envisagée des articles L.29 et L.30 du Code électoral intervient dans un contexte politique sensible. Ces dispositions sont déterminantes en matière d’éligibilité, notamment pour les candidats ayant fait l’objet de condamnations judiciaires.
Pour les partisans de cette réforme, il s’agit d’adapter le cadre juridique afin de garantir une participation plus inclusive aux prochaines échéances électorales. En toile de fond, la question du retour politique de Ousmane Sonko reste centrale dans les débats.
La question de la promulgation
Au-delà de l’examen parlementaire, la question de la promulgation du texte pourrait également susciter des discussions. Selon les dispositions institutionnelles sénégalaises, en l’absence de recours devant le Conseil constitutionnel, le président de l’Assemblée nationale peut, dans certaines conditions, procéder lui-même à la promulgation de la loi si le chef de l’État ne s’exécute pas dans les délais requis.
Ce mécanisme, bien que rarement mis en œuvre, illustre les marges de manœuvre dont dispose le pouvoir législatif dans le processus d’adoption des lois.
Une suite encore incertaine
À ce stade, aucune date n’a encore été fixée pour l’examen en plénière de la proposition de loi. L’attention reste donc tournée vers la réaction du président de la République, première étape d’un processus qui pourrait redessiner le paysage politique sénégalais à moyen terme.
Entre enjeux juridiques et considérations politiques, ce texte s’annonce comme un dossier majeur des prochains mois au Sénégal, avec des implications directes sur les équilibres électoraux à venir.

