Sénégal : L’Assemblée convoquée pour le retour de Sonko au parlement et l’élection du nouveau président
Le Parlement sénégalais s’apprête à vivre une séance décisive ce mardi 26 mai 2026. Les députés de la XVᵉ législature sont convoqués pour examiner deux dossiers majeurs : la réintégration d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale après son départ de la Primature et l’élection d’un nouveau président du Parlement, à la suite de la démission d’El Malick Ndiaye.
Une nouvelle étape politique s’ouvre au Sénégal. Après le limogeage du Premier ministre Ousmane Sonko et la démission du président de l’Assemblée nationale El Malick Ndiaye, l’institution parlementaire est appelée à se repositionner dans un contexte de recomposition rapide du pouvoir.
Les députés de la XVᵉ législature ont été officiellement convoqués en séance plénière pour le mardi 26 mai 2026 à 09 heures. L’avis, signé par le Premier vice-président de l’Assemblée nationale, Dr Ismaïla Diallo, fixe un ordre du jour particulièrement attendu, centré sur deux questions majeures : la réintégration d’Ousmane Sonko au sein de l’hémicycle et l’élection du futur président du Parlement.
Cette convocation marque une accélération du calendrier institutionnel sénégalais, moins d’une semaine après la rupture politique intervenue au sommet de l’État.
Le retour parlementaire de Sonko en ligne de mire
Premier point inscrit à l’ordre du jour : la réintégration du député Ousmane Sonko. Écarté de la Primature par le président Bassirou Diomaye Faye le 22 mai dernier, l’ancien chef du gouvernement est désormais appelé à retrouver officiellement son mandat parlementaire.
Selon les informations communiquées par les instances parlementaires, le Bureau de l’Assemblée nationale, réuni dimanche 24 mai à 15 heures, a examiné puis validé la demande de réintégration de l’ancien Premier ministre. Cette étape procédurale ouvre la voie à son retour dans l’hémicycle dès la séance plénière du 26 mai.
La décision revêt une forte portée politique. Figure centrale du parti PASTEF et acteur majeur de la vie politique sénégalaise depuis plusieurs années, Ousmane Sonko pourrait désormais déplacer son action politique du pouvoir exécutif vers le pouvoir législatif.
La réintégration du député intervient dans un climat encore marqué par les conséquences du divorce politique entre le président Bassirou Diomaye Faye et celui qui fut longtemps son principal allié. Le départ de Sonko du gouvernement avait officialisé la rupture d’un tandem arrivé au pouvoir en 2024 sur la promesse de transformation institutionnelle et de rupture avec les pratiques antérieures.
Une succession ouverte au perchoir
Le second point à l’ordre du jour concerne l’élection d’un nouveau président de l’Assemblée nationale.
Cette consultation devient nécessaire après la démission d’El Malick Ndiaye, annoncée le 24 mai 2026. L’ancien président du Parlement a quitté le perchoir tout en conservant son mandat de député. Sa démission a été officiellement actée par le Bureau de l’institution parlementaire avant la convocation de la séance plénière.
Dans la foulée, la Conférence des présidents a fixé la date du scrutin au mardi 26 mai, ouvrant ainsi la course à la succession au sommet du pouvoir législatif.
Pour l’heure, aucune candidature officielle n’a été rendue publique par l’Assemblée nationale. Toutefois, plusieurs observateurs politiques évoquent la possibilité de voir Ousmane Sonko briguer le perchoir, hypothèse qui alimente déjà les débats dans les milieux politiques et parlementaires. Les autorités parlementaires n’ont cependant annoncé aucun candidat officiel à ce stade.
Une séance à forte portée politique
Au-delà des procédures parlementaires, la plénière du 26 mai apparaît comme un rendez-vous politique majeur pour le Sénégal.
Le retour éventuel d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale et l’élection du nouveau président du Parlement pourraient redéfinir les équilibres institutionnels au sein de la majorité issue de PASTEF. Dans un contexte où plusieurs réformes importantes restent en discussion, le contrôle du pouvoir législatif devient plus que jamais un enjeu central.
La séance annoncée mardi ne se limitera donc pas à une formalité administrative. Elle pourrait constituer l’un des premiers actes d’une nouvelle configuration politique sénégalaise, née de la rupture récente au sommet de l’État et appelée à remodeler les rapports entre exécutif et législatif dans les semaines à venir.

