Gouvernement Wadagni : Le parcours d’Édouard Dahomé, nouveau visage de l’énergie au Bénin
Nouveau ministre de l’Énergie, de l’Eau et des Mines depuis le 24 mai 2026, Édouard Denis Dahomé arrive au gouvernement avec une expérience forgée pendant près de quarante ans au sein du groupe EDF et dans plusieurs projets énergétiques africains. Entre expertise technique, responsabilités publiques et connaissance des réalités du continent, son profil attire l’attention sur un secteur considéré comme vital pour le développement du Bénin.
À 67 ans, Édouard Denis Dahomé appartient à cette catégorie de hauts cadres dont le parcours épouse à la fois les trajectoires des grandes entreprises internationales et les exigences de la gestion publique. Sa nomination, le 24 mai 2026, au poste de ministre de l’Énergie, de l’Eau et des Mines marque l’arrivée au sein du gouvernement béninois d’un technicien chevronné, familier des enjeux énergétiques du continent africain.
Né en Guadeloupe et souvent présenté comme une figure de la diaspora béninoise ayant grandi dans les Antilles, Édouard Dahomé porte un itinéraire singulier reliant les Caraïbes, l’Europe et l’Afrique. Cette dimension biographique nourrit l’image d’un homme situé à la croisée de plusieurs espaces culturels et professionnels, mais son parcours se distingue surtout par une formation scientifique et une carrière bâties autour des questions énergétiques.
Son aventure académique prend une tournure décisive en 1977 lorsqu’il intègre l’École Polytechnique en France, établissement considéré parmi les plus prestigieux dans la formation des ingénieurs. Trois années plus tard, en 1980, il en sort diplômé, armé d’un bagage scientifique qui servira de fondation à une carrière appelée à s’étendre sur plusieurs décennies.
L’essentiel de cette trajectoire professionnelle se construit au sein d’Électricité de France (EDF), groupe énergétique majeur où il effectue près de quarante années de carrière. Au fil du temps, Édouard Dahomé devient l’un des principaux responsables des activités africaines du groupe.
Dans les cercles professionnels d’EDF, il gagne progressivement le surnom de « Monsieur Afrique », reflet de son implication durable sur le continent. Son expertise l’amène à superviser ou accompagner plusieurs projets stratégiques liés à l’électrification, au développement des infrastructures énergétiques et aux partenariats institutionnels.
De l’Afrique du Sud au Sénégal, en passant par le Mali et le Maroc, son parcours est jalonné d’expériences au contact des réalités énergétiques africaines. Ces différentes missions lui permettent d’acquérir une connaissance approfondie des contraintes d’accès à l’électricité, des modèles de financement et des enjeux de coopération entre États et opérateurs énergétiques.
Après son départ d’EDF en 2016, Édouard Dahomé se rapproche davantage du Bénin et s’implique dans les réflexions autour de la stratégie énergétique nationale. Son expertise est progressivement sollicitée au sein de l’appareil étatique.
Il occupe d’abord des fonctions de conseiller technique puis de coordonnateur stratégique à la présidence de la République, avant d’être nommé Secrétaire d’État chargé de l’Énergie. Plus récemment, il présidait l’Autorité de Régulation de l’Électricité, poste à partir duquel il suivait les questions liées à la régulation du secteur et à l’équilibre du marché énergétique.
Cette montée en responsabilité s’est faite progressivement, traduisant la place croissante accordée à son expertise dans les politiques publiques liées à l’énergie.
Désormais ministre de l’Énergie, de l’Eau et des Mines, Édouard Dahomé prend la tête d’un portefeuille particulièrement stratégique pour le développement économique et social du pays. Le ministère concentre des enjeux essentiels touchant aussi bien à la production énergétique qu’à l’accès aux services sociaux de base et à la valorisation des ressources naturelles.
Parmi les principaux défis qui l’attendent figure l’accélération de l’accès à l’électricité, notamment en milieu rural où les besoins demeurent importants. La poursuite des programmes d’extension des réseaux et la consolidation des capacités de production énergétique apparaissent comme des chantiers prioritaires.
Le nouveau ministre devra également accompagner la relance du champ pétrolier de Sèmè, projet suivi avec attention en raison de ses implications économiques et énergétiques pour le pays. À cela s’ajoutent les attentes liées à une meilleure structuration du secteur minier et à l’amélioration durable de l’accès à l’eau potable pour les populations.
Ces défis placent Édouard Dahomé au cœur de dossiers sensibles qui conditionnent directement les ambitions nationales en matière d’industrialisation, d’attractivité économique et d’amélioration des conditions de vie.
Son profil d’ingénieur expérimenté, associé à une longue pratique des problématiques énergétiques africaines et à une connaissance progressive de l’administration béninoise, fait aujourd’hui de lui l’une des personnalités les plus attendues du gouvernement dans le domaine des infrastructures et du développement.

