Sénégal : Diomaye Faye saisit le Conseil constitutionnel sur le retour de Sonko à l’Assemblée
La question du retour d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale prend une tournure institutionnelle majeure au Sénégal. Selon plusieurs sources concordantes, le président Bassirou Diomaye Faye a sollicité l’avis du Conseil constitutionnel afin d’éclairer la procédure de réintégration de l’ancien Premier ministre au Parlement, dans un contexte politique marqué par sa récente éviction du gouvernement et la vacance du perchoir.
La séquence politique ouverte par le limogeage d’Ousmane Sonko continue de remodeler le paysage institutionnel sénégalais. Alors que les députés de la XVe législature étaient convoqués pour examiner la réintégration de l’ancien chef du gouvernement à l’Assemblée nationale et procéder à l’élection d’un nouveau président du Parlement, le président Bassirou Diomaye Faye a choisi de consulter le Conseil constitutionnel sur cette question sensible.
Cette saisine intervient dans un climat de débats juridiques et politiques nourris autour des conditions de retour de l’ancien Premier ministre dans l’hémicycle. Plusieurs voix, tant au sein de l’opposition que parmi des constitutionnalistes, s’interrogent sur la conformité d’une telle réintégration au regard des textes en vigueur.
Le groupe parlementaire « Takku Wallu » avait d’ailleurs publiquement demandé au chef de l’État de recueillir l’avis du Conseil constitutionnel afin de prévenir toute controverse institutionnelle. Selon cette formation, seule une clarification juridique préalable permettrait d’éviter un contentieux politique et parlementaire autour du statut de l’ancien Premier ministre.
Cette nouvelle étape intervient quelques jours seulement après la décision présidentielle mettant fin aux fonctions d’Ousmane Sonko et de l’ensemble de son gouvernement par décret du 22 mai 2026. Une mesure qui a profondément rebattu les cartes au sommet de l’État sénégalais et ouvert une phase de recomposition institutionnelle rapide.
Au cœur du débat figure l’interprétation des dispositions relatives au mandat parlementaire. Certains analystes estiment qu’en demeurant au gouvernement après son élection comme député, Ousmane Sonko aurait définitivement cédé son siège à son suppléant, rendant juridiquement complexe toute réintégration automatique. D’autres défendent au contraire la possibilité d’un retour fondé sur une lecture différente des textes parlementaires et organiques.
L’enjeu dépasse largement la seule question du mandat parlementaire. La démission du président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a en effet ouvert la voie à l’élection d’un nouveau titulaire du perchoir, alimentant les spéculations autour d’un éventuel repositionnement institutionnel d’Ousmane Sonko.
En choisissant de consulter le Conseil constitutionnel avant toute décision définitive, Bassirou Diomaye Faye semble privilégier une approche de prudence juridique dans un contexte où chaque évolution est scrutée avec attention. L’avis de la haute juridiction est désormais attendu comme un élément déterminant pour la suite de cette séquence politique qui continue de tenir le Sénégal en haleine.

