Maroc : Fatima Ezzahra El Mansouri, première femme à la tête du gouvernement
Une page historique s’ouvre au Maroc. Le roi Mohammed VI a nommé, mardi 29 septembre 2026, Fatima Ezzahra El Mansouri cheffe du gouvernement et l’a chargée de former le nouvel exécutif. Cette nomination intervient au lendemain de la victoire du Parti authenticité et modernité (PAM) aux élections législatives du 23 septembre.
Le Maroc aura, pour la première fois de son histoire, une femme à la tête du gouvernement. Le roi Mohammed VI a nommé, mardi 29 septembre au Palais royal de Rabat, Fatima Ezzahra El Mansouri au poste de cheffe du gouvernement, selon un communiqué du ministère de la Maison Royale, du Protocole et de la Chancellerie. La nouvelle responsable de l’Exécutif a également été chargée de former le prochain gouvernement.
Cette nomination intervient six jours après les élections législatives du 23 septembre. Le Parti authenticité et modernité (PAM), dont Fatima Ezzahra El Mansouri est la coordinatrice de la direction collégiale, est arrivé en tête du scrutin avec 97 sièges sur les 395 que compte la Chambre des représentants. Il devance le Rassemblement national des indépendants (RNI), qui obtient 66 sièges, et le Parti de l’Istiqlal, crédité de 65 sièges. Ces résultats définitifs ont été confirmés par le ministère marocain de l’Intérieur.
Une nomination qui ouvre une nouvelle séquence politique
La désignation de Fatima Ezzahra El Mansouri s’inscrit dans le cadre constitutionnel marocain. Depuis la réforme de 2011, le chef du gouvernement est nommé par le Roi au sein du parti arrivé en tête des élections à la Chambre des représentants. La nouvelle cheffe du gouvernement devra toutefois composer avec l’absence de majorité absolue du PAM et engager des consultations avec les autres formations représentées au Parlement afin de constituer une majorité gouvernementale.
À 50 ans, Fatima Ezzahra El Mansouri dispose déjà d’une longue expérience politique et institutionnelle. Avocate de formation, elle a notamment dirigé le conseil communal de Marrakech et exercé plusieurs mandats parlementaires. Elle était, jusqu’à sa nomination, ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville. Elle dirige également la coordination collégiale du PAM depuis 2024.
Son parcours politique est étroitement lié à Marrakech, où elle a exercé à deux reprises les fonctions de présidente du conseil communal. Elle a également été membre fondatrice du PAM, créé en 2008, et a occupé des responsabilités importantes au sein de cette formation politique.
La nouvelle cheffe du gouvernement arrive aux commandes dans un contexte marqué par plusieurs dossiers majeurs. Le prochain exécutif devra notamment poursuivre les préparatifs liés à l’organisation de la Coupe du monde de football de 2030, tout en répondant aux préoccupations économiques et sociales exprimées pendant la campagne électorale, notamment sur l’emploi, le pouvoir d’achat et les services publics.
L’enjeu immédiat reste cependant la constitution de la majorité gouvernementale. Avec 97 députés, le PAM est loin des 198 sièges nécessaires pour disposer seul de la majorité à la Chambre des représentants. Fatima Ezzahra El Mansouri devra donc conduire des négociations avec plusieurs formations politiques pour bâtir une coalition capable de soutenir son gouvernement.
Au-delà des équilibres parlementaires, sa nomination marque surtout une première historique : jamais une femme n’avait auparavant dirigé le gouvernement marocain. Elle devient ainsi la deuxième femme à exercer la fonction de cheffe de gouvernement dans le monde arabe, après la Tunisienne Najla Bouden, nommée en 2021.
La nouvelle cheffe du gouvernement doit désormais transformer cette nomination historique en majorité parlementaire et en équipe gouvernementale. Les consultations politiques qui s’ouvrent constituent ainsi sa première étape à la tête de l’Exécutif marocain.

