Vih/Sida : le Bénin renforce son partenariat avec l’Onusida
En marge de la 81ᵉ Assemblée générale des Nations Unies à New York, le Bénin a signé avec l’ONUSIDA un accord prévoyant une contribution de 544 042 euros pour soutenir les activités de l’agence dans le pays en 2026 et 2027. Une nouvelle étape dans un partenariat engagé depuis 2001, alors que Cotonou cherche à consolider les acquis de sa riposte contre le VIH et à la rendre plus durable.
Le Bénin entend maintenir le cap dans la lutte contre le VIH/sida. En marge de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies, le gouvernement béninois et le Secrétariat de l’ONUSIDA ont conclu, le 24 septembre 2026 à New York, un accord destiné à soutenir les activités de l’agence dans le pays sur la période 2026-2027. Le Bénin apportera à cet effet une contribution de 544 042 euros, soit environ 357 millions de francs CFA.
L’accord a été signé côté béninois par Hugues Oscar Lokossou, ministre délégué chargé de la Mobilisation des ressources extérieures et de la Gestion de la dette, et Benjamin Hounkpatin, ministre de la Santé. Pour l’ONUSIDA, la signature a été apposée par sa directrice exécutive, Winnie Byanyima.
Un financement pour consolider les acquis
Cette contribution doit permettre de renforcer la présence et l’action de l’ONUSIDA au Bénin, notamment à travers le conseil stratégique, la production et l’utilisation des données, l’engagement des communautés, la mobilisation des ressources et la coordination entre les différents secteurs impliqués dans la riposte au VIH.
Pour l’ONUSIDA, cet engagement intervient dans un contexte marqué par une pression accrue sur les financements internationaux consacrés à la santé et au développement. L’agence estime que le choix du Bénin de contribuer directement à son action constitue un signal de leadership national et de responsabilité partagée dans la lutte contre le VIH.
« La signature que nous apposons ce jour n’est pas un simple acte administratif : c’est la marque d’une fidélité », a déclaré Benjamin Hounkpatin, rappelant que l’ONUSIDA accompagne le Bénin depuis 2001.
Le ministre de la Santé a également mis en avant les résultats obtenus depuis le début de cette coopération. Selon les chiffres présentés lors de la signature, les nouvelles infections au VIH ont diminué de 72 % et les décès liés au sida de 51 % depuis 2010. « Ce sont des vies sauvées, des familles préservées », a-t-il souligné.
Une riposte qui doit rester durable
Depuis son installation au Bénin en 2001, l’ONUSIDA travaille avec les pouvoirs publics, les communautés, les organisations de la société civile et les partenaires au développement pour améliorer l’accès à la prévention, au dépistage, au traitement et aux services d’accompagnement liés au VIH. L’agence intervient également sur les questions de stigmatisation et de discrimination ainsi que sur l’équité en matière de santé.
La signature du nouvel accord intervient par ailleurs après l’adoption, en février 2026, de la loi n°2026-02 relative à la prévention, à la prise en charge du VIH et à la lutte contre la stigmatisation et la discrimination. L’ONUSIDA avait alors salué cette évolution législative, estimant qu’elle pouvait contribuer à accélérer les progrès vers l’élimination du sida au Bénin.
Pour Winnie Byanyima, l’engagement financier du Bénin intervient à un moment où la mobilisation des ressources devient un enjeu central pour préserver les résultats obtenus. « La lutte contre le sida n’est pas terminée », a rappelé la directrice exécutive de l’ONUSIDA, tout en saluant le choix du Bénin de renforcer son propre engagement.
Vers une plus grande appropriation nationale
Au-delà du montant engagé, l’accord traduit une évolution vers une plus grande appropriation nationale de la riposte au VIH. Le financement direct de l’action de l’ONUSIDA doit notamment contribuer à préserver la continuité des interventions et à renforcer les capacités nationales de planification, de coordination et de mobilisation des ressources.
Cette démarche intervient alors que les financements internationaux consacrés au VIH connaissent des tensions. À l’échelle mondiale, l’ONUSIDA estime que 17,6 milliards de dollars étaient disponibles en 2025 pour la riposte au sida dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, soit environ 20 % de moins que les 21,9 milliards de dollars jugés nécessaires chaque année d’ici 2030 pour rester sur la trajectoire fixée.
Pour le Bénin, l’enjeu consiste désormais à préserver les progrès enregistrés tout en renforçant la prévention, l’accès aux soins et l’accompagnement des personnes vivant avec le VIH. Le nouvel accord Bénin-ONUSIDA inscrit cette ambition dans un partenariat appelé à se poursuivre sur les deux prochaines années.

