Wilson Botoyiye, du freelancing à la construction d’un empire numérique
A la tête de Maketou, une plateforme de vente de produits digitaux lancée en 2025, l’entrepreneur béninois mise sur le commerce en ligne pour élargir les possibilités économiques des créateurs africains. De ses premiers essais sur Internet à ses initiatives dans l’économie numérique, son parcours repose sur l’apprentissage par la pratique et la volonté de bâtir des outils destinés au marché africain.
Vendre un produit numérique depuis l’Afrique et recevoir des paiements de clients à l’international. Cette possibilité constitue l’un des enjeux auxquels s’attaque Wilson Botoyiye. Fondateur de Maketou, cet entrepreneur béninois s’intéresse aux obstacles qui freinent les créateurs de contenus, les formateurs et les vendeurs de produits numériques. Son projet dépasse lap recherche de revenus sur Internet. Il consiste à faciliter l’accès au commerce digital pour ceux qui disposent d’un savoir-faire, mais peinent à le transformer en activité économique. Lancé en 2025, Maketou se présente comme une plateforme de création et de vente de produits digitaux. Elle ambitionne de permettre aux Africains de commercialiser leurs offres en ligne et de recevoir des paiements internationaux. Ses promoteurs lui attribuent plus de 560 millions de francs CFA générés par les utilisateurs dès le premier trimestre. Un chiffre qui donne une indication de l’activité revendiquée par la plateforme, même si son périmètre et sa méthode de calcul mériteraient d’être précisés pour en apprécier la portée.
Avant Maketou, Wilson Botoyiye a exploré plusieurs activités du numérique. Freelancing, commerce électronique, marketing sur les réseaux sociaux, conception de tunnels de vente, etc. Il multiplie les expériences et découvre progressivement les mécanismes de la vente en ligne. Des outils comme ComeUp et Système.io font partie de cet apprentissage. Cette diversité d’expériences constitue l’un des fils conducteurs de son parcours. Il ne découvre pas le numérique par une spécialisation unique, mais par une succession d’essais et d’ajustements. La pratique lui permet d’acquérir des compétences en marketing digital, en commercialisation et en création de produits numériques. L’entrepreneur revendique notamment 500 000 euros générés grâce à Système.io. Cette performance, présentée comme un record pour un jeune entrepreneur en Afrique francophone, représente un jalon important dans son parcours. Elle doit toutefois être distinguée d’un bénéfice net : le chiffre d’affaires, les revenus attribués à une plateforme et les gains effectivement conservés ne désignent pas la même réalité.
Une formation pour structurer l’expérience
Né le 28 mai 2003 à Bohicon, Wilson Botoyiye grandit dans un environnement où l’entrepreneuriat occupe une place importante. Son père possède une usine, selon les éléments biographiques disponibles. Cette proximité avec le monde des affaires contribue à son intérêt précoce pour l’activité économique. À 16 ans, il commence à proposer des services et s’initie à la rédaction web. Il explore alors un univers dans lequel la maîtrise des outils numériques peut devenir une source de revenus, sans nécessiter au départ les moyens d’une entreprise traditionnelle. Son parcours universitaire vient ensuite compléter cette expérience pratique. Il obtient une licence professionnelle en communication digitale et webmarketing à Pigier Bénin, puis poursuit ses études en France avec un mastère en communication et stratégie digitale à l’EFREI Paris Panthéon-Assas, selon sa présentation biographique.
Maketou, du parcours individuel à l’outil collectif
Avec Maketou, Wilson Botoyiye cherche à dépasser le modèle du freelance qui vend directement ses propres services. La plateforme vise à fournir une infrastructure à d’autres acteurs du numérique, notamment ceux qui souhaitent commercialiser des formations, des contenus ou des créations dématérialisées. L’ambition répond à la question de savoir comment transformer une compétence en activité commerciale lorsque l’accès aux moyens de paiement internationaux et aux outils de vente demeure compliqué pour certains entrepreneurs africains. La réponse proposée par Maketou repose sur la centralisation de plusieurs fonctions liées à la commercialisation des produits digitaux. Son intérêt dépendra toutefois de sa capacité à offrir des services fiables, à rassurer les utilisateurs et à soutenir leur activité dans la durée. Les volumes de ventes annoncés constituent un indicateur à examiner, mais ils ne suffisent pas, à eux seuls, à établir la solidité économique du modèle.

