A l’ONU, Mamadi Doumbouya plaide pour une Afrique maîtresse de ses choix
A la tribune des Nations Unies, mercredi 23 septembre à New York, le président guinéen Mamadi Doumbouya a défendu la voie institutionnelle et économique suivie par son pays. Il a notamment mis en avant la nouvelle Constitution, le cycle électoral engagé en Guinée et le programme Simandou 2040, tout en appelant à des partenariats internationaux fondés sur le respect des souverainetés.
La Guinée veut faire entendre une voix singulière sur la scène internationale. Prenant la parole mercredi 23 septembre devant l’Assemblée générale des Nations Unies, à l’occasion de la 81ᵉ session, le président Mamadi Doumbouya a consacré une large partie de son intervention à l’expérience institutionnelle et au modèle de développement que son pays entend poursuivre.
Dans un discours placé sous le signe de la souveraineté et de l’adaptation aux réalités nationales, le chef de l’État guinéen a rappelé son intervention devant la même tribune trois ans plus tôt. Il avait alors critiqué, selon ses propres termes, les limites d’un modèle de gouvernance « importé » et insuffisamment adapté aux réalités africaines.
Cette fois, il a voulu présenter ce qu’il décrit comme les résultats du chemin emprunté par la Guinée.
Une nouvelle architecture institutionnelle mise en avant
Mamadi Doumbouya a notamment insisté sur l’adoption d’une nouvelle Constitution qu’il présente comme le résultat d’un processus national et référendaire. Selon lui, cette Loi fondamentale entend renforcer la représentation des territoires et reconnaître la diversité linguistique, religieuse et culturelle comme un élément du vivre-ensemble national.
Le président guinéen a également affirmé que son pays avait organisé l’ensemble de son cycle électoral direct — présidentiel, législatif et local — ainsi que l’installation des institutions qui en découlent, avec un financement assuré par le Trésor guinéen.
Dans son intervention, il a soutenu qu’aucun de ces scrutins n’avait connu « d’incident significatif » de la part des acteurs du processus électoral. Cette présentation relève de la lecture faite par les autorités guinéennes de la séquence politique récente.
La Guinée avait placé sa participation à cette 81ᵉ session sous le signe de la présentation de son expérience et de ses ambitions de développement. La Présidence guinéenne avait annoncé, avant l’ouverture du débat général, que le programme Simandou 2040 devait occuper une place importante dans le message porté à New York.
Simandou 2040 au cœur du discours économique
Sur le terrain économique, Mamadi Doumbouya a dressé un bilan des réalisations qu’il attribue à son gouvernement depuis moins de trois ans. Il a notamment cité plus de 1 000 kilomètres de routes bitumées, la construction d’écoles et d’hôpitaux ainsi que plusieurs projets industriels liés à la transformation des ressources minières.
Le chef de l’État a surtout placé le projet Simandou au centre de sa vision. Il l’a présenté comme un projet minier et d’infrastructures appelé à servir de levier à la transformation de l’économie guinéenne.
Cette orientation rejoint les déclarations récentes des autorités guinéennes. Le 17 septembre, quelques jours avant son déplacement à New York, Mamadi Doumbouya avait reçu une délégation de RUSAL et insisté sur la transformation locale des ressources minières dans le cadre de Simandou 2040. La Présidence guinéenne présente cette transformation comme un moyen d’accroître la valeur ajoutée tirée des ressources naturelles du pays.
Le président guinéen a également évoqué la construction annoncée de trois raffineries d’alumine et la mise en service d’une raffinerie d’or qu’il présente comme la plus importante d’Afrique en capacité de production. Il a enfin annoncé une vision de développement à quinze ans à travers Simandou 2040, avec des ambitions touchant les infrastructures, l’agriculture, l’énergie, l’éducation, la santé et l’industrie.
« La Guinée avance avec ses propres moyens »
Au-delà des projets nationaux, le discours de New York a porté un message plus large à l’endroit des partenaires de l’Afrique.
Mamadi Doumbouya a appelé à des modèles de gouvernance tenant davantage compte des réalités historiques, sociales et culturelles de chaque pays. Il a cité l’expérience de certains pays asiatiques et du Proche-Orient pour illustrer, selon lui, la possibilité pour les États de s’inspirer de modèles existants tout en les adaptant à leur propre contexte.
Le chef de l’État guinéen n’a pas présenté cette approche comme un rejet de la coopération internationale. Il a plutôt plaidé pour un partenariat qu’il souhaite fondé sur la souveraineté, le respect mutuel et une logique de « co-construction gagnant-gagnant ».
« La République de Guinée avance », a-t-il notamment déclaré, en affirmant que son pays entend poursuivre sa trajectoire « avec ses propres moyens » et sur la base de ses propres choix.
Cette intervention s’inscrit dans le thème général de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale : « Restaurer la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations Unies au service de tous ». Le débat général se déroule du 22 au 26 septembre 2026, puis le 28 septembre.
Pour Conakry, la tribune onusienne aura ainsi servi à exposer à la fois une conception de la gouvernance fondée sur les choix nationaux et une ambition économique articulée autour de la transformation des ressources minières. Une manière pour le pouvoir guinéen de présenter son expérience récente comme une contribution au débat plus large sur les voies du développement du continent africain.

