Meloni répond à Trump et défend la souveraineté italienne
Les tensions entre Rome et Washington se sont accentuées après une nouvelle série de déclarations de Donald Trump visant la cheffe du gouvernement italien. Giorgia Meloni a riposté publiquement, dénonçant des attaques « sans aucun sens » tout en réaffirmant la souveraineté de l’Italie.
La crise ouverte entre la Première ministre italienne Giorgia Meloni et le président américain Donald Trump a franchi un nouveau palier. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, la dirigeante italienne a répondu directement aux critiques répétées du locataire de la Maison Blanche, tout en appelant à préserver l’unité du camp occidental.
« Je ne reviendrai pas sur le sujet, parce que je crois toujours à l’unité de l’Occident », a déclaré Giorgia Meloni, estimant que cette querelle publique ne constitue pas « un spectacle à la hauteur de notre tâche ». Cette prise de parole intervient après plusieurs attaques de Donald Trump concernant la popularité de la dirigeante italienne et sa politique à l’égard des États-Unis.
Les relations entre les deux dirigeants, autrefois considérés comme des alliés politiques naturels, se sont nettement dégradées ces derniers mois, notamment en raison de divergences sur le dossier iranien et sur l’attitude à adopter face aux crises internationales.
« L’Italie est une nation souveraine »
Dans sa réponse, Giorgia Meloni a défendu l’indépendance de son pays, notamment sur la question des installations militaires américaines présentes sur le territoire italien.
« L’Italie est toujours une nation souveraine », a-t-elle affirmé, rappelant que l’utilisation des bases américaines est encadrée par des accords bilatéraux qui doivent être respectés. Elle a assuré qu’aucune dérogation à ces engagements ne serait acceptée tant qu’elle dirigera le gouvernement italien.
Cette déclaration intervient dans un contexte marqué par les tensions liées au conflit avec l’Iran. Rome s’est montrée réticente à toute utilisation des bases américaines situées en Italie dans le cadre d’opérations militaires susceptibles d’aggraver la crise régionale. Cette position a suscité l’irritation de Donald Trump, qui a multiplié les critiques contre la dirigeante italienne.
Giorgia Meloni a également tenu à rappeler que sa popularité politique ne dépendait pas de ses relations avec le président américain.
« Ma popularité dépend de ma capacité à défendre l’intérêt national italien », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter : « Ma popularité ne vous regarde pas. Je vous suggère de vous concentrer sur la vôtre. »
Une rupture après des années de proximité
L’échange intervient quelques jours après une première polémique née de déclarations attribuées à Donald Trump à propos du sommet du G7. Le président américain aurait affirmé que Giorgia Meloni lui avait demandé avec insistance une photographie commune, des propos que la cheffe du gouvernement italien a qualifiés de « totalement inventés ».
Elle avait alors exprimé son étonnement face à l’attitude du président américain envers ses alliés, regrettant qu’il ne fasse pas preuve de la même fermeté à l’égard des « ennemis de l’Occident ». « Ni l’Italie ni moi ne mendions », avait-elle déclaré dans une précédente vidéo publiée sur les réseaux sociaux.
Cette détérioration des relations a eu des répercussions diplomatiques. Selon plusieurs médias italiens, le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani a annulé un déplacement prévu aux États-Unis à la suite des déclarations du président américain.
Malgré cette escalade verbale, Giorgia Meloni continue d’affirmer son attachement à l’alliance transatlantique et à la cohésion occidentale. Lors du sommet du G7, elle avait d’ailleurs insisté sur la nécessité de maintenir l’unité entre les partenaires occidentaux malgré les divergences.
L’épisode illustre toutefois les tensions croissantes entre Washington et plusieurs capitales européennes sur les questions de politique étrangère et de sécurité. Pour Rome, l’enjeu consiste désormais à préserver la relation stratégique avec les États-Unis tout en affirmant davantage l’autonomie décisionnelle de l’Italie sur la scène internationale.

