Leadership politique féminin : Mariam Chabi Talata appelle les femmes à transformer les mandats
A Nikki, la 4ᵉ édition des Rencontres intergénérationnelles des femmes leaders politiques met l’accent sur l’exercice du pouvoir et l’impact sur les communautés
Les femmes politiques béninoises veulent franchir un nouveau cap. Il ne s’agit plus seulement de gagner des places dans les instances de décision, mais de faire de leur présence dans les institutions un véritable levier de transformation sociale et de développement. C’est l’un des principaux enjeux de la 4ᵉ édition des Rencontres intergénérationnelles des femmes leaders politiques du Bénin, ouverte ce lundi 31 août 2026 à Nikki, sous la présidence de la Vice-présidente de la République, Mariam Chabi Talata.
Initiées il y a trois ans, ces rencontres se sont progressivement imposées comme un espace de réflexion, de dialogue et de partage d’expériences entre générations de femmes engagées dans la vie publique. Pour cette quatrième édition, elles réunissent à Nikki des femmes élues, des militantes politiques, des représentantes de la société civile ainsi que de jeunes femmes leaders venues de plusieurs régions du Bénin.
Cette édition présente également une dimension sous-régionale avec la participation de sénatrices du Togo et de femmes parlementaires de Côte d’Ivoire. Une ouverture qui vise à favoriser le partage d’expériences et à nourrir la réflexion sur les conditions d’un leadership féminin plus efficace et durable.
De la représentation à l’efficacité
« Femmes leaders politiques au Bénin : exercer le pouvoir, produire des résultats et renforcer durablement les communautés » : le thème retenu pour ces trois jours de travaux traduit, selon Mariam Chabi Talata, une évolution dans la réflexion sur la participation des femmes à la gouvernance.
Pour la Vice-présidente, les progrès enregistrés à l’issue des élections générales de 2026 constituent une avancée importante. Le Bénin compte désormais 28 femmes députées, 75 femmes conseillères communales et cinq femmes maires.
Ces chiffres, souligne-t-elle, ne doivent toutefois pas constituer une fin en soi. Ils posent plutôt une nouvelle exigence : celle de permettre aux femmes une pleine appropriation de leurs mandats et une participation effective à la prise de décision.
La question centrale est donc désormais celle de l’efficacité. Une fois élues, comment les femmes peuvent-elles exercer pleinement leurs responsabilités ? Comment peuvent-elles produire des résultats concrets ? Et surtout, comment transformer leur présence dans les institutions en actions susceptibles d’améliorer durablement les conditions de vie des populations ?
Les travaux de cette quatrième édition devraient ainsi permettre d’identifier des stratégies et mécanismes capables de renforcer l’efficacité des mandats exercés par les femmes politiques, de consolider les acquis obtenus et de favoriser l’émergence d’un leadership féminin durable.
Nikki, entre tradition et modernité
Le choix de Nikki pour accueillir ces rencontres n’est pas anodin. Depuis la première édition, la ville a été retenue en raison de son histoire et de son expérience de la co-gouvernance politique traditionnelle sensible au genre.
Mariam Chabi Talata cite notamment la figure de la Gnon Kogui, Vice-Reine du royaume de Nikki, comme une illustration de cette implication des femmes dans les mécanismes traditionnels de gouvernance.
À travers le choix de cette cité historique, les organisateurs entendent établir un dialogue entre mémoire, tradition et modernité. L’objectif est également de valoriser les expériences du passé tout en créant les conditions d’une transmission entre générations.
Cette dimension intergénérationnelle occupe une place centrale dans les échanges. Il s’agit notamment de permettre aux jeunes femmes engagées en politique de bénéficier de l’expérience de leurs aînées, mais aussi de favoriser le renouvellement du leadership féminin.
Des engagements attendus au terme des travaux
Durant trois jours, les participantes sont appelées à réfléchir aux moyens de renforcer la présence et surtout l’influence des femmes dans la gouvernance publique. Au-delà des statistiques de représentation, l’ambition affichée est de faire émerger des pratiques et des engagements susceptibles de produire des effets durables dans les communautés.
Pour Mariam Chabi Talata, les progrès réalisés en matière de représentation féminine doivent désormais s’accompagner d’une plus grande capacité d’action. Le leadership féminin doit pouvoir contribuer davantage à la promotion du bien-être des femmes et des jeunes, à la cohésion sociale et au développement des communautés.
À Nikki, les participantes sont ainsi invitées à faire de ces trois jours de réflexion et de partage un moment de construction de solutions concrètes. L’enjeu, au-delà de la seule présence des femmes dans les institutions, est désormais de faire de leur leadership un puissant levier de progrès, de cohésion sociale et de développement durable au Bénin.

