États-Unis-Iran : Un projet d’accord prévoit 60 jours de trêve et la réouverture du détroit d’Ormuz
Les discussions diplomatiques entre Washington et Téhéran semblent franchir une étape décisive. Selon des informations révélées par Axios, un projet de mémorandum bilatéral en cours de finalisation prévoit une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours, accompagnée de mesures économiques et sécuritaires majeures, dont la réouverture du détroit d’Ormuz et la reprise des exportations pétrolières iraniennes.
Un nouveau chapitre pourrait s’ouvrir dans la crise opposant les États-Unis et l’Iran. D’après un projet de mémorandum cité par le média américain Axios, les deux pays seraient proches d’un accord destiné à prolonger la trêve actuelle pour une durée de soixante jours, le temps de poursuivre les négociations vers un règlement plus global du conflit.
Le texte, encore soumis à validation finale, prévoit plusieurs engagements majeurs de part et d’autre. Pendant cette période de cessez-le-feu, la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz reprendrait sans restriction, un élément stratégique pour le commerce mondial de pétrole. Téhéran serait également autorisé à vendre librement son pétrole grâce à des assouplissements de sanctions envisagés par Washington.
Selon les détails rapportés, l’Iran accepterait de retirer les mines déployées dans le détroit afin de garantir la libre circulation des navires commerciaux. En contrepartie, les États-Unis lèveraient leur blocus sur certains ports iraniens et accorderaient des dérogations permettant la reprise des exportations énergétiques iraniennes.
Vers une relance du dialogue nucléaire
Au-delà du volet sécuritaire et économique, le mémorandum servirait surtout de cadre temporaire pour rouvrir le dialogue sur le dossier nucléaire iranien.
Le projet évoque un engagement verbal de Téhéran à ne pas poursuivre la fabrication d’armes nucléaires et à négocier une suspension de l’enrichissement d’uranium ainsi qu’une réduction de ses stocks d’uranium hautement enrichi. Les États-Unis accepteraient, durant cette période, d’examiner un allègement plus large des sanctions et un éventuel dégel d’avoirs iraniens à l’étranger.
Les discussions semblent avoir connu une accélération samedi 23 mai. Donald Trump a affirmé qu’un accord était désormais « largement négocié », tout en précisant qu’il restait à finaliser plusieurs détails. De son côté, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a confirmé qu’un protocole d’accord se trouvait en « phase de finalisation ».
Cette dynamique diplomatique s’inscrit dans un contexte régional encore marqué par la méfiance et les démonstrations de force.
Samedi, le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a averti que son pays répondrait de manière « écrasante » à toute reprise des hostilités américaines, assurant que les capacités militaires iraniennes avaient été « reconstruites » après les affrontements déclenchés plus tôt cette année.
Le Pakistan au centre de la médiation
Un acteur inattendu joue désormais un rôle central dans ce rapprochement : le Pakistan.
Dans un message publié sur le réseau X, le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a salué les échanges menés avec Donald Trump ainsi qu’avec plusieurs dirigeants du Golfe et du monde arabo-musulman. Selon lui, ces discussions ont permis d’examiner les moyens de faire progresser les efforts de paix et de préparer une nouvelle série de négociations.
Le chef du gouvernement pakistanais a réaffirmé l’engagement de son pays en faveur d’une solution diplomatique durable, indiquant espérer accueillir « très prochainement » de nouveaux pourparlers.
La médiation pakistanaise apparaît désormais comme l’un des leviers majeurs du processus. Plusieurs sources citées par Axios indiquent que des responsables pakistanais ont multiplié les déplacements et consultations pour rapprocher les positions américaines et iraniennes.
Israël inquiet face à un accord jugé incomplet
Pendant que Washington et Téhéran se rapprochent, l’évolution des négociations suscite de fortes réserves en Israël.
La presse israélienne et plusieurs analystes politiques expriment leurs inquiétudes face à un accord considéré comme trop favorable à l’Iran. Au cœur des critiques : la priorité accordée à la désescalade immédiate et à la réouverture du détroit d’Ormuz, alors que les dossiers du nucléaire, des missiles balistiques et du soutien iranien aux groupes armés alliés seraient renvoyés à des discussions ultérieures.
Pour le gouvernement de Benjamin Netanyahu, ce scénario pourrait permettre à Téhéran d’obtenir un soulagement économique substantiel sans garanties immédiates sur les questions sécuritaires jugées essentielles par Israël.
Cette inquiétude intervient alors que plusieurs observateurs estiment que l’influence israélienne sur les choix stratégiques de Donald Trump semble s’éroder au profit d’une approche davantage tournée vers la désescalade régionale.
En parallèle des avancées diplomatiques, l’Iran a annoncé dimanche l’exécution d’un homme accusé d’avoir transmis aux États-Unis et à Israël des informations sur l’industrie iranienne de défense pendant le conflit. Les autorités judiciaires iraniennes affirment que l’individu avait livré des renseignements sensibles concernant les capacités militaires du pays.
Entre avancées diplomatiques, tensions persistantes et rivalités régionales, le projet de mémorandum américano-iranien pourrait marquer un tournant majeur au Moyen-Orient. Mais tant que l’accord n’est pas officiellement signé, l’équilibre demeure fragile et soumis aux dernières négociations de coulisses.

