Conflit au Moyen-Orient : Téhéran avertit l’Europe et promet des représailles continues
Au quatrième jour de la guerre opposant l’Iran à Israël et aux États-Unis, les frappes se poursuivent et les menaces s’intensifient. Téhéran met en garde les capitales européennes contre toute implication militaire, tandis que les marchés financiers vacillent et que les combats s’étendent à plusieurs pays du Golfe.
La campagne de bombardements menée par Israël et les États-Unis contre l’Iran est entrée dans sa quatrième journée, marquée par une escalade verbale et militaire. Washington affirme avoir ciblé et détruit des postes de commandement des Gardiens de la Révolution, tandis que Téhéran poursuit ses tirs de riposte contre des positions israéliennes et des intérêts américains dans la région.
Mise en garde aux Européens
Les autorités iraniennes ont adressé un avertissement clair aux puissances européennes. Après que l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni ont évoqué de possibles « actions défensives » visant à neutraliser des capacités militaires iraniennes, Téhéran a réagi fermement.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré qu’une telle implication constituerait « un acte de guerre » et serait interprétée comme une complicité avec les « agresseurs ». L’Iran estime que toute intervention européenne élargirait davantage le conflit.
Explosions à Téhéran et frappes ciblées
De nouvelles détonations ont retenti mardi dans plusieurs quartiers du centre de Téhéran, sans que les cibles exactes ne soient immédiatement identifiées. Israël a affirmé avoir mené des frappes contre des installations situées au cœur du pouvoir iranien, notamment des bâtiments liés à la présidence et au Conseil suprême de sécurité nationale.
Dans le même temps, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a confirmé des dégâts récents sur des bâtiments d’accès du site d’enrichissement d’uranium de Natanz. L’agence précise qu’aucune conséquence radiologique n’est attendue à ce stade.
L’Iran promet « l’enfer »
Les Gardiens de la Révolution islamique ont averti que les États-Unis et Israël devaient s’attendre à des « attaques punitives en continu ». Leur porte-parole a affirmé que « les portes de l’enfer » s’ouvriraient progressivement contre les ennemis de la République islamique.
En parallèle, l’Iran a saisi le Conseil de sécurité des Nations unies, appelant l’instance internationale à agir pour mettre fin aux hostilités. Selon Téhéran, aucun obstacle juridique n’empêche une intervention diplomatique, hormis « la volonté politique » des membres.
Mesures d’urgence et bilan humain
Face à l’intensité des frappes, le gouvernement iranien a interdit jusqu’à nouvel ordre l’exportation de produits alimentaires et agricoles, affirmant vouloir garantir l’approvisionnement intérieur en biens essentiels.
Le Croissant-Rouge iranien fait état de près de 800 morts à travers le pays depuis le début des bombardements. Plus de 150 villes auraient été touchées par des centaines d’attaques.
Extension des tensions au Golfe
Les répercussions du conflit dépassent désormais les frontières iraniennes et israéliennes. Des explosions ont été signalées à Doha et à Manama, où des sirènes d’alerte ont retenti. À Fujaïrah, aux Émirats arabes unis, des débris de drones interceptés ont provoqué un incendie dans une zone pétrolière.
Un port commercial à Oman aurait également été visé par des drones, touchant un réservoir de carburant sans faire de victimes.
Choc sur les marchés
Les marchés financiers européens ont fortement reculé. Les principales places boursières – Paris, Francfort, Londres et Milan – ont enregistré des pertes significatives, sur fond de flambée des prix du pétrole et du gaz.
Le contrat de référence européen du gaz a bondi à des niveaux inédits depuis 2023, alimenté par la fermeture du détroit d’Ormuz et la suspension de certaines productions de gaz naturel liquéfié.
Tensions diplomatiques occidentales
Dans ce climat explosif, le président américain Donald Trump a estimé que la relation entre Washington et Londres « n’est plus ce qu’elle était », reprochant au Premier ministre britannique un manque de coopération. Il a néanmoins salué les relations avec d’autres partenaires européens et l’OTAN.
Alors que les frappes se poursuivent et que les menaces se multiplient, la communauté internationale redoute un embrasement régional plus large. Les appels à la désescalade se heurtent pour l’instant à une intensification des opérations militaires et à des positions diplomatiques toujours plus tranchées.

