Ghana-Égypte : Mahama et Al-Sissi misent sur les médicaments

Ghana-Égypte : Mahama et Al-Sissi misent sur les médicaments

La facilitation de l’enregistrement des produits pharmaceutiques égyptiens au Ghana figure parmi les principaux résultats de la rencontre entre John Dramani Mahama et Abdel Fattah Al-Sissi, tenue en marge du sommet de l’Union africaine en Égypte. L’accord vise à améliorer l’accès aux médicaments et à favoriser de nouveaux investissements dans le secteur pharmaceutique ghanéen.

La coopération sanitaire entre le Ghana et l’Égypte devrait franchir un nouveau cap. Réunis dimanche 4 octobre à New Alamein, en marge de la huitième Réunion de coordination de mi-année de l’Union africaine, les présidents John Dramani Mahama et Abdel Fattah Al-Sissi ont convenu de faciliter l’enregistrement des médicaments égyptiens au Ghana. L’objectif affiché est double : améliorer l’accès des populations aux produits de santé et créer des conditions plus favorables aux investissements pharmaceutiques.

La mesure prend une résonance particulière au regard du plaidoyer porté quelques jours plus tôt par le président ghanéen au Forum africain d’Alamein. John Dramani Mahama y avait appelé à considérer la santé non plus seulement comme une dépense sociale, mais comme un secteur économique stratégique, capable de contribuer à la souveraineté du continent.

Accélérer l’accès aux produits pharmaceutiques

La facilitation des procédures d’enregistrement des médicaments égyptiens constitue le volet le plus concret de l’entretien sur le plan sanitaire. Elle doit permettre de réduire les obstacles réglementaires à l’introduction de ces produits sur le marché ghanéen et, selon la présidence ghanéenne, d’élargir l’accès aux soins tout en attirant davantage de capitaux dans l’industrie pharmaceutique.

Pour Accra, cette coopération s’inscrit dans une réflexion plus large sur la dépendance du continent à l’égard des fournisseurs extérieurs. Dans son intervention au Forum d’Alamein, Mahama a souligné que l’Afrique importe encore plus de 70 % de ses médicaments et près de 99 % de ses vaccins. Il a appelé à développer la fabrication pharmaceutique sur le continent et à structurer davantage les chaînes de valeur régionales.

L’enjeu dépasse donc la simple circulation de médicaments entre deux pays. Il touche à la capacité des Etats africains à sécuriser leurs approvisionnements, développer leurs capacités industrielles et mieux répondre aux crises sanitaires.

L’expérience égyptienne sollicitée

Le choix de l’Égypte comme partenaire n’est pas sans lien avec la place que le pays cherche à occuper dans les secteurs industriels et pharmaceutiques africains. Lors de leur entretien, Mahama a salué l’expertise des entreprises égyptiennes et leur contribution au développement du Ghana. Le président Al-Sissi a, de son côté, insisté sur la nécessité de mieux exploiter les capacités croissantes du secteur privé des deux pays.

La coopération ne se limite toutefois pas à la santé. Les deux dirigeants ont également évoqué le commerce, les investissements, la sécurité et les infrastructures. Accra souhaite notamment tirer profit de l’expérience égyptienne dans la réalisation de grands projets urbains, dont la Nouvelle Capitale administrative, dans le cadre de sa réflexion sur ses propres projets de développement urbain.

Sur le plan sécuritaire, les deux pays entendent renforcer le partage de renseignements, la formation des capacités et la lutte contre le terrorisme. Ils ont également réaffirmé leur soutien à l’Accord Sahel-Golfe de Guinée.

Une coopération dans le sillage de l’UA

La rencontre Mahama-Al-Sissi s’inscrit dans une séquence africaine plus large. Le Ghana a été choisi pour assurer la présidence de l’Union africaine en 2027, une perspective qui a conduit Le Caire à annoncer sa volonté de maintenir une coordination étroite avec Accra durant ce mandat. L’Égypte entend ainsi contribuer au renforcement de l’action africaine commune et de l’intégration du continent.

Le volet sanitaire pourrait constituer l’un des axes de cette coopération renouvelée. En plaidant pour la production locale de médicaments et de vaccins, puis en facilitant l’accès aux produits pharmaceutiques égyptiens, Accra combine réponse immédiate aux besoins de santé et recherche d’une plus grande autonomie industrielle.

À terme, le défi sera de transformer ces engagements en investissements productifs, en transferts de compétences et en capacités locales de fabrication. Une orientation qui rejoint le débat continental sur la construction d’une véritable souveraineté sanitaire africaine.

 

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