Uranium : le Niger porte à 40 % sa participation dans le projet de Madaouela
Le Niger et Madaouela Mining Company (MAMICO) ont signé, mercredi 23 septembre 2026 à Niamey, une nouvelle convention minière pour relancer le projet uranifère de Madaouela. L’accord prévoit une participation de 40 % pour l’État nigérien, tandis qu’Atomic Eagle conserve 60 % et le contrôle opérationnel.
Le projet d’uranium de Madaouela entre dans une nouvelle phase. Après plus de deux années de différend autour du permis « Madaouela I », l’État du Niger et Madaouela Mining Company (MAMICO) ont officialisé un nouveau cadre de partenariat pour la reprise et le développement du projet situé dans la région d’Agadez, dans le nord du pays.
La convention a été signée à Niamey par le ministre nigérien des Mines, le commissaire-colonel Abarchi Ousmane, au nom de l’État, et Hoskins Philip Ross, directeur général de MAMICO SA/GoviEx, représentant Atomic Eagle. Selon l’Agence nigérienne de presse, la nouvelle configuration attribue 40 % du projet à l’État du Niger et 60 % à Atomic Eagle, cette dernière conservant le contrôle opérationnel.
Un accord approuvé en août
La signature de septembre concrétise une décision prise en amont par les autorités nigériennes. Réuni le 21 août 2026, le Conseil des ministres avait approuvé la réattribution du permis de grande exploitation minière d’uranium « Madaouela I » à MAMICO.
Le gouvernement avait alors fixé plusieurs conditions au nouveau partenariat. Elles comprennent notamment le versement d’une redevance initiale forfaitaire de 10 millions de dollars à l’État, la contribution de la société au renforcement des capacités des agents de l’administration des Mines ainsi que des actions en faveur du développement local des collectivités affectées par le projet.
La convention prévoit également des engagements en matière de contenu local. MAMICO doit notamment favoriser les entreprises nigériennes pour la fourniture de biens et de services pendant la durée de vie du projet et contribuer à la création d’environ 1 000 emplois, particulièrement au profit des jeunes Nigériens.
Madaouela revient après le différend de 2024
Cette nouvelle étape intervient après le retrait du permis « Madaouela I » à l’ancien détenteur, GoviEx Uranium, en juillet 2024. Le décret n°2024-474/P/CNSP/MM du 31 juillet 2024 avait consacré le retour du permis dans le domaine public de l’État.
À l’époque, GoviEx avait contesté la décision, estimant que le retrait de ses droits miniers ne respectait pas la procédure prévue par le code minier. La société avait engagé une procédure d’arbitrage international.
Le règlement du différend a finalement ouvert la voie à une nouvelle formule de partenariat. Entre-temps, GoviEx a évolué au sein d’Atomic Eagle, qui porte désormais les intérêts privés dans le projet. Atomic Eagle confirme que sa participation dans Madaouela s’élève à 60 %, contre 40 % pour la République du Niger.
Un important potentiel uranifère
Madaouela figure parmi les grands projets uranifères du Niger. Selon les données publiées par Atomic Eagle, le projet dispose d’une estimation de ressources de 116,5 millions de livres d’U₃O₈, soit environ 52 800 tonnes d’oxyde d’uranium. Cette estimation est toutefois une estimation étrangère issue des travaux de l’ancien détenteur et n’est pas encore déclarée selon le code JORC australien.
La société indique vouloir poursuivre les travaux techniques et commerciaux afin notamment de convertir cette estimation en une ressource conforme au standard JORC. Elle prévoit également d’examiner les différentes options de développement et de financement du projet.
Le nouveau montage prévoit par ailleurs une participation publique composée de 15 % d’intérêt porté gratuitement et de 25 % d’intérêt contributif, selon Atomic Eagle. La société australienne conserve, pour sa part, le contrôle opérationnel du projet.
Pour le ministre nigérien des Mines, cette signature marque le passage d’une période de contentieux à une nouvelle phase de partenariat. Le gouvernement entend désormais faire du projet un levier de développement du secteur minier, avec un accent particulier sur la formation, le transfert de compétences, le contenu local et les retombées économiques pour les populations.
La reprise de Madaouela s’inscrit ainsi dans la volonté affichée par les autorités nigériennes de revoir les conditions de participation de l’État dans l’exploitation des ressources naturelles. La nouvelle convention devra désormais être traduite en investissements, en travaux de développement et, à terme, en production pour que le potentiel du gisement se transforme en retombées économiques concrètes pour le Niger.

