ONU : Diomaye Faye porte la voix de la CEDEAO
A New York, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a porté la voix de l’Afrique de l’Ouest lors d’une réunion consacrée au suivi du Pacte pour l’avenir en Afrique. Au nom de la CEDEAO, il a appelé à traduire les engagements internationaux en résultats concrets, notamment dans le financement du développement, le numérique et la consolidation de la paix.
La diplomatie africaine était à l’honneur, mardi 22 septembre 2026, au siège des Nations unies à New York. En marge de la 81e session de l’Assemblée générale, le président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a participé à une réunion de haut niveau consacrée à la mise en œuvre du Pacte pour l’avenir en Afrique.
Organisée conjointement par la Namibie, la Zambie, l’Union africaine et les Nations unies, la rencontre intervient deux ans après l’adoption du Pacte pour l’avenir, accompagné du Pacte numérique mondial et de la Déclaration sur les générations futures. Elle avait pour objectif d’évaluer les avancées réalisées, les difficultés persistantes et les possibilités offertes par ces engagements internationaux pour accélérer la transformation du continent.
Le plaidoyer de la CEDEAO
Invité à intervenir en sa qualité de président en exercice de la CEDEAO, Bassirou Diomaye Faye a défendu la nécessité d’un « multilatéralisme rénové », capable de mieux répondre aux réalités et aux priorités des pays africains.
Son intervention a porté notamment sur trois enjeux : le financement du développement, la transition numérique et la paix. Le président sénégalais a appelé les partenaires internationaux à respecter les engagements pris et à renforcer les mécanismes permettant aux pays africains de disposer des ressources nécessaires à leur développement.
Devant les participants, il a également mis en avant les contraintes structurelles qui continuent de peser sur les économies africaines. Selon le compte rendu des Nations unies, il a cité notamment le déficit d’infrastructures, la sous-industrialisation, les difficultés de mobilisation des financements, le poids de la dette et le chômage.
Le chef de l’État sénégalais a ainsi appelé à poursuivre la réforme de l’architecture financière mondiale afin de mieux prendre en compte les intérêts du continent. Il a également plaidé pour une représentation plus équitable de l’Afrique dans les institutions internationales de décision.
Financement, fiscalité et intégration africaine
Le financement du développement a occupé une place importante dans le discours du président en exercice de la CEDEAO. Bassirou Diomaye Faye a souligné que le poids du service de la dette réduit les marges de manœuvre des États africains pour investir dans des secteurs essentiels tels que l’éducation, la santé et les infrastructures.
Il a également insisté sur la nécessité de disposer d’un système fiscal international plus juste et équitable, susceptible de permettre aux États de mobiliser davantage de ressources domestiques pour financer leur développement.
Dans cette perspective, le président sénégalais a mis en avant le rôle potentiel de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Selon lui, l’intégration des marchés africains peut contribuer à stimuler les échanges, réduire la fragmentation économique et créer de nouvelles opportunités pour les populations et les entreprises du continent.
Le numérique et les générations futures
Le Pacte pour l’avenir comprend 56 actions couvrant notamment le développement durable et son financement, la paix et la sécurité, la science, la technologie et l’innovation, la coopération numérique, la jeunesse ainsi que la réforme de la gouvernance mondiale. Ses deux annexes, le Pacte numérique mondial et la Déclaration sur les générations futures, élargissent cette feuille de route aux enjeux liés à la transformation technologique et à la prise en compte des intérêts des générations à venir.
Deux ans après son adoption, les participants à la réunion de New York ont donc été appelés à passer de l’engagement politique à la mise en œuvre concrète. Pour l’Afrique, la question demeure notamment celle de l’accès aux ressources financières, aux technologies et aux capacités nécessaires pour concrétiser les objectifs fixés.
Des échanges bilatéraux avant la réunion
Cette séquence multilatérale s’inscrit dans une journée diplomatique particulièrement dense pour Bassirou Diomaye Faye à New York.
Avant de participer à la réunion sur le Pacte pour l’avenir, le président sénégalais s’est entretenu avec son homologue roumain, Nicușor Dan. Les deux dirigeants ont notamment évoqué les relations entre Dakar et Bucarest et la volonté de leur donner une nouvelle impulsion, notamment sur le plan économique.
Le chef de l’État sénégalais a ensuite rencontré António Costa, président du Conseil européen. Les discussions ont porté sur le partenariat entre le Sénégal et l’Union européenne ainsi que sur plusieurs dossiers internationaux, notamment la situation sécuritaire au Sahel et au Moyen-Orient.
À travers ces différentes rencontres, la présidence sénégalaise inscrit la participation de Bassirou Diomaye Faye à la 81e Assemblée générale de l’ONU dans une double dynamique : défendre les priorités africaines dans les enceintes multilatérales et approfondir les partenariats bilatéraux et régionaux.
La présence du président sénégalais au débat sur le Pacte pour l’avenir intervient par ailleurs dans le cadre de son mandat à la tête de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, qu’il a pris en juillet 2026.

