Sénégal : Diomaye Faye et le FMI accélèrent vers un nouveau programme

Sénégal : Diomaye Faye et le FMI accélèrent vers un nouveau programme

 

Au lendemain de son entretien avec la Banque mondiale, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a rencontré, mardi 15 septembre à Washington, la directrice générale du Fonds monétaire international, Kristalina Georgieva. Les échanges ont porté sur le nouveau programme économique et financier conclu au niveau des services du FMI le 1er septembre et sur les réformes à engager pour rétablir durablement les équilibres macroéconomiques du Sénégal.

Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans ses relations avec le Fonds monétaire international. En déplacement à Washington, le président Bassirou Diomaye Faye s’est entretenu mardi avec Kristalina Georgieva, quelques jours après l’accord conclu entre les services du FMI et les autorités sénégalaises sur les principales politiques économiques devant soutenir un nouveau programme de réformes.

Conclu le 1er septembre, cet accord porte sur un programme de 36 mois au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), d’un montant d’environ 2,2 milliards de dollars, soit près de 1 537,1 millions de DTS. Il reste toutefois soumis à l’approbation de la direction et du Conseil d’administration du FMI. Des mesures correctives doivent également être mises en œuvre avant cette étape, dans le cadre du dossier relatif à la communication antérieure de données financières erronées.

Accélérer les réformes

À Washington, les deux parties ont salué le travail accompli depuis le début des discussions et exprimé leur volonté de progresser rapidement vers l’examen du programme par le Conseil d’administration du Fonds.

Le chef de l’État sénégalais a réaffirmé la détermination de son gouvernement à poursuivre les réformes économiques et financières engagées. Parmi les priorités affichées figurent la protection des ménages vulnérables, la préservation des dépenses sociales et des investissements jugés prioritaires, ainsi que le règlement des arriérés dus aux entreprises afin de soutenir l’activité économique et l’emploi.

Ces orientations rejoignent plusieurs axes du programme négocié avec le FMI. Celui-ci vise notamment à restaurer la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette, à réduire les vulnérabilités budgétaires et extérieures et à renforcer les dépenses sociales. Le programme prévoit également une mobilisation accrue des recettes intérieures, une rationalisation des dépenses et un renforcement des filets de protection sociale.

Le FMI prévoit par ailleurs des réformes destinées à améliorer la gouvernance des finances publiques, la gestion de la dette et le suivi des arriérés intérieurs. Les autorités sénégalaises doivent également renforcer la supervision des entreprises publiques et améliorer l’environnement des affaires afin de favoriser une croissance davantage portée par le secteur privé.

Un programme encore soumis au Conseil

L’accord du 1er septembre intervient dans un contexte économique marqué par les efforts de redressement des finances publiques. Selon le FMI, l’économie sénégalaise a enregistré une croissance de 6,7 % en 2025, portée notamment par la première année complète de production pétrolière. Hors hydrocarbures, la croissance avait toutefois ralenti à 2,2 %. Au premier trimestre 2026, elle a rebondi à 4,7 % en glissement annuel.

Le nouveau programme doit également contribuer à mobiliser des financements supplémentaires auprès de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement et d’autres partenaires au développement. Le FMI indique que les autorités sénégalaises ont, en outre, annoncé leur intention de solliciter un traitement de la dette afin de contribuer au rétablissement de sa viabilité.

La rencontre de Washington intervient ainsi à un moment déterminant pour la relation entre Dakar et le Fonds. Après l’accord technique obtenu début septembre, l’enjeu immédiat est désormais son approbation par les instances dirigeantes du FMI et la mise en œuvre des mesures préalables requises. Pour le gouvernement sénégalais, cette nouvelle séquence doit permettre de conjuguer assainissement des finances publiques, soutien à l’activité et protection des populations les plus vulnérables.

 

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