Réforme constitutionnelle : Ousmane Sonko réagit après le veto du Conseil constitutionnel
Au lendemain de l’invalidation de la réforme constitutionnelle par le Conseil constitutionnel, le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a réagi en appelant au respect de la décision de la haute juridiction. Dans un message publié jeudi 9 juillet, il a insisté sur la primauté des institutions et réaffirmé la volonté du Parlement de poursuivre son travail législatif au service des Sénégalais.
L’heure est à l’apaisement institutionnel au Sénégal. Quelques heures après que le Conseil constitutionnel a déclaré contraire à la Constitution la loi de révision constitutionnelle adoptée le 29 juin dernier par l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko a choisi de reconnaître sans réserve l’autorité de la décision rendue par les Sages.
Dans une déclaration diffusée sur ses réseaux sociaux, le président de l’Assemblée nationale a adopté un ton mesuré, privilégiant le respect des institutions à la polémique. « Le Conseil constitutionnel vient de prendre une décision. Au-delà des commentaires et avis que peuvent susciter les motivations retenues, une seule chose reste : cette décision s’impose à tous ! », a-t-il affirmé, avant d’ajouter sobrement : « Dont acte ! »
Cette réaction intervient dans un contexte politique sensible. La haute juridiction avait été saisie par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, qui contestait la régularité de la procédure ayant conduit à l’adoption de la réforme. Dans sa décision, le Conseil constitutionnel a relevé plusieurs violations de la Constitution, notamment des dispositions relatives à la procédure législative et aux conséquences budgétaires de certaines mesures prévues dans le texte.
Un plaidoyer pour la stabilité institutionnelle
Loin de remettre en cause l’arrêt du Conseil constitutionnel, Ousmane Sonko y voit une démonstration du fonctionnement normal de l’État de droit. Pour lui, cette séquence institutionnelle illustre la solidité des mécanismes démocratiques lorsque chaque institution agit dans le respect de ses prérogatives.
« Ce cycle nous rappelle qu’en démocratie, lorsque les institutions jouent leur rôle, chacune dans son périmètre d’action, aucune crise ne peut survenir », a-t-il déclaré, appelant implicitement les acteurs politiques à privilégier le dialogue institutionnel plutôt que l’affrontement.
Cette prise de position tranche avec les tensions qui avaient entouré l’examen de la réforme constitutionnelle, présentée comme l’une des principales transformations institutionnelles envisagées depuis l’arrivée au pouvoir du tandem Bassirou Diomaye Faye–Ousmane Sonko.
Le Parlement poursuivra son agenda
Au-delà de la décision du Conseil constitutionnel, le chef du Parlement entend maintenir le cap sur l’activité législative. Dans son message, il a tenu à rassurer les citoyens quant à la poursuite du travail parlementaire.
« Aujourd’hui, je veux donc assurer au peuple sénégalais que l’Assemblée nationale continuera à exercer pleinement la mission qui lui a été confiée : des lois seront votées ou rejetées pour honorer les engagements pris envers ce vaillant et digne peuple », a-t-il déclaré.
Par cette affirmation, Ousmane Sonko réaffirme le rôle central de l’institution parlementaire dans la mise en œuvre des réformes promises aux Sénégalais, tout en reconnaissant que celles-ci devront désormais respecter le cadre fixé par le Conseil constitutionnel.
La réaction du président de l’Assemblée nationale intervient alors que le chef de l’État dispose désormais de plusieurs options pour relancer, s’il le souhaite, la réforme constitutionnelle. Une nouvelle mouture du texte pourrait être élaborée afin de tenir compte des observations formulées par le Conseil constitutionnel, ou être soumise à une autre procédure conforme aux exigences de la Constitution.
En attendant, le message d’Ousmane Sonko se veut avant tout un appel à la responsabilité collective. Il s’est conclu par une formule de rassemblement : « Vive le Sénégal ! », soulignant sa volonté de placer le respect des institutions au cœur de la vie démocratique du pays.

