Crime à Avlékété : la Cour d’appel de Cotonou condamne un accusé à perpétuité

Crime à Avlékété : la Cour d’appel de Cotonou condamne un accusé à perpétuité

La Cour d’appel de Cotonou a rendu un verdict lourd dans une affaire criminelle mêlant assassinat, détournement de fonds et accusations de pratiques occultes. Réexaminant le dossier, la juridiction a condamné l’accusé principal à la réclusion criminelle à perpétuité tandis que son coaccusé écope de vingt ans de prison.

La première section de la chambre criminelle de la Cour d’appel de Cotonou a vidé son délibéré dans une affaire aux ramifications complexes où se mêlent conflit financier, accusations de charlatanisme et homicide.

Au cœur du dossier figurent plusieurs accusés désignés sous les lettres X, Y et Z, poursuivis après la mort d’un homme identifié sous la lettre A. Selon les éléments examinés à l’audience, la victime s’était rendue au Bénin le 3 décembre 2025 à la demande de son partenaire d’affaires X afin de recouvrer des créances liées à une structure dénommée CISA.

Mais ce déplacement va tourner au drame.

Quelques jours après son arrivée, le corps sans vie de la victime est retrouvé dans un puits à Avlékété, relançant rapidement les soupçons d’un assassinat lié à des différends financiers.

Les investigations menées dans le cadre de l’enquête ont révélé des tensions autour de fonds supposément détournés et mis en évidence des échanges entre les mis en cause.

Selon les éléments présentés devant la Cour, X aurait sollicité Y afin d’attenter à la vie de la victime à travers des pratiques occultes. Les investigations soutiennent par ailleurs que la victime aurait finalement trouvé la mort au domicile de Y.

Des témoignages et des défenses contradictoires

À la suite des faits, le procureur de la République près le tribunal de première instance d’Abomey-Calavi avait engagé des poursuites pour assassinat, pratiques de charlatanisme, association de malfaiteurs, abus de confiance et complicité.

Une première condamnation avait été prononcée avant que les accusés ne décident d’interjeter appel.

Durant les audiences, l’épouse de la victime a soutenu que X avait récupéré puis détourné des fonds appartenant à son mari, établissant un lien direct entre le litige financier et le crime.

Face à la Cour, X a reconnu avoir recouvré cinq millions de francs CFA auprès de débiteurs pour le compte de la victime, tout en affirmant avoir agi à son insu. Il a également déclaré avoir été agressé avec A par des individus non identifiés.

Y, de son côté, a admis que X lui avait demandé d’attenter à la vie de la victime par des pratiques occultes, tout en niant toute activité assimilable au charlatanisme. Il a toutefois reconnu avoir reçu de l’argent de X et affirmé avoir été informé du décès par ce dernier.

Les avocats de la défense ont contesté plusieurs éléments du dossier. Le conseil de Y a plaidé l’acquittement, évoquant l’imprécision de la loi sur le charlatanisme et l’absence d’entente criminelle démontrée avec X. La défense de X a, elle, demandé des investigations complémentaires, notamment pour retrouver le nommé Z présenté comme le commanditaire présumé.

Verdict : perpétuité pour X, vingt ans pour Y

Après examen des faits, des témoignages et des réquisitions du ministère public, la Cour d’appel de Cotonou a finalement rendu une décision plus sévère que celle prononcée en première instance.

La juridiction a infirmé la décision antérieure et condamné X à la réclusion criminelle à perpétuité. Son coaccusé Y a, pour sa part, été condamné à vingt ans de réclusion criminelle.

Selon la Cour, la gravité des faits et les éléments réunis au dossier justifient la sévérité du verdict.

À l’audience, les condamnés n’auraient manifesté aucun signe de remords.

Cette affaire, qui combine mobiles financiers et croyances occultes, relance le débat sur certaines formes de criminalité où manipulation, intérêt matériel et violence extrême se rejoignent. À travers ce verdict, la Cour d’appel de Cotonou réaffirme sa fermeté face aux crimes prémédités et aux atteintes graves à la vie humaine.

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