Georges Alé : Parcours du nouveau ministre du Cadre de vie et des Transports, chargé du développement durable
Membre du tout premier gouvernement du président Romuald Wadagni, Avant de se lancer dans l’entrepreneuriat, Georges Alé a gravi les échelons au sein de deux des plus grandes entreprises de construction au monde : Vinci et Bouygues. Diplômé de l’École polytechnique fédérale de Lausanne, avec une spécialisation dans les infrastructures et l’environnement, l’homme est également titulaire d’un doctorat en génie civil de l’école polytechnique d’Abomey-Calavi (Bénin) et du prestigieux MBA de l’Institut européen d’administration des affaires (INSEAD). Autant de compétences que ce passionné d’excellence a encore enrichies avec des formations complémentaires à la Wharton Business School (USA) et à la London Business School.
Repéré lors d’une rencontre étudiants-entreprises, il rejoint Sogea-Satom, la filiale de Vinci en Afrique, débutant une carrière internationale qui le mènera d’abord au Tchad comme conducteur de travaux sur des projets routiers et aéroportuaires, ensuite au Rwanda et en Ouganda, où il travaille sur des projets d’adduction d’eau potable, de construction d’ouvrages hydrauliques, de captage, de traitement et de distribution d’eau potable. Son ascension continue lorsqu’il est nommé directeur de projet de DUMEZ Maroc, filiale de Vinci au Maroc, devenant ainsi le premier ressortissant d’Afrique subsaharienne nommé à un poste de direction de Vinci au Maroc. Il y dirige de grands projets dans le cadre de l’aménagement de la vallée du Bouregreg entre Rabat et Salé – notamment la marina et le port de pêche de Rabat-Salé – et ces expériences solidifient ses compétences en management et en leadership. En outre, au cours de ses deux dernières années au Maroc, Georges Alé occupe le poste de directeur des opérations en charge du développement de l’activité maritime et portuaire de Vinci sur la côte ouest-africaine. Ce qui lui permet d’intervenir dans plusieurs pays de la sous-région : Bénin, Togo, Guinée, Côte d’Ivoire. « J’ai installé et piloté les équipes pour réaliser des projets d’envergure », explique-t-il
Après cette riche expérience de près de cinq années au Niger, Georges Alé rejoint le siège de Vinci à Paris, pour occuper un nouveau poste stratégique : directeur des projets Afrique et Moyen-Orient de Vinci Concession, la filiale du groupe qui finance, construit et exploite les autoroutes et aéroports en France et dans le monde. « Cette expérience m’a permis de me renforcer en financement structuré, de parcourir à nouveau le continent et de travailler sur des projets au Cameroun, au Kenya, au Bénin, en Côte d’Ivoire, ainsi que d’avoir des discussions au plus haut niveau avec les dirigeants de ces pays et les gouvernements ».
Deux ans après, Georges Alé ressent le besoin du retour au pays. Néanmoins, il décline certaines propositions pour occuper un poste public au Bénin car, explique-t-il, « je ne me sentais pas prêt à ce moment-là ».
L’opportunité du retour au Bénin lui est offerte lorsqu’il est nommé, en 2018, administrateur-directeur général de Colas Afrique, une filiale du géant des BTP Bouygues. L’ingénieur obtient du groupe d’être basé à Cotonou, alors que ses prédécesseurs étaient généralement basés à Abidjan, Johannesburg ou Casablanca. « Ma plus grande fierté, dit-il, est d’avoir réalisé dans mon pays des ouvrages complexes et prestigieux comme la place de l’Amazone, le boulevard de la Marina, l’aéroport de Cotonou ».
Quatre ans plus tard, Georges Alé fait un pari risqué : quitter une position confortable pour se lancer dans l’entrepreneuriat et fonder SDP. « Si vous demandez à mon épouse pourquoi je l’ai fait, elle vous dira que j’ai été « gbassé » (envoûté, NDLR) », plaisante-t-il. Néanmoins, en misant sur une offre innovante, l’entrepreneur avait pour ambition de contribuer à résoudre l’un des défis majeurs du secteur des infrastructures en Afrique, où plus de 80 % des projets échouent, alors que les États africains consacrent entre 40 et 50 % de leur budget à la construction des infrastructures. « Ce sont des échecs liés notamment au dépassement des coûts, au non-respect des délais, à la qualité des réalisations, à un faible un système de suivi de réalisation des projets. J’ai décidé de lancer SDP pour répondre à ce déficit criant en matière de gestion de projets », confie l’entrepreneur.
C’est pourquoi, en se spécialisant dans des missions d’assistance, de conseil, d’audit et de restructuration, SDP propose à ses clients une offre globale et intégrée, couvrant tous les aspects en matière de projet BTP : techniques, financiers, juridiques, sociaux environnementaux, etc., avec l’objectif de professionnaliser davantage le secteur en Afrique.
Source : Forbes Afrique

