Investiture du Président de l’Assemblée nationale: Djogbénou fixe le cap de la 10e législature
Le Président de l’Assemblée nationale du Bénin, le Professeur Joseph Fifamin Djogbénou a présenté ce mercredi 15 avril 2026 son discours d’investiture. C’était dans les jardins du Palais des gouverneurs de Porto-Novo devant des membres du gouvernement, les Présidents des institutions de la République, le corps diplomatique, les anciens Présidents du Parlement béninois et plusieurs autres invités.
En premier lieu, le Professeur Joseph Fifamin Djogbénou a fait mémoire et rendu témoignage à plusieurs personnalités. D’abord celles et ceux qui, de leur position de membres de l’Assemblée nationale, ont contribué à fonder l’Etat et la démocratie béninoise, structurer leur fonctionnement et, au-delà, façonner progressivement le destin de notre peuple.
« Des présidences respectives de Justin Tomintin AHOMADEGBE à Louis Gbehounou VLAVONOU, de Taïrou CONGAKOU à Adrien HOUNGBEDJI, de Ignace ADJO BOCCO à Bruno AMOUSSOU, de Monseigneur Isidore de SOUZA à Mathurin Coffi NAGO, sans oublier ni omettre celles de Romain VILON GUEZO et de Valentin DJIBODE APLOGAN, l’Assemblée nationale n’a de cesse de s’affirmer comme le sanctuaire du débat politique et du combat démocratique», a souligné Joseph Fifamin Djogbénou.
« De ces figures impressionnantes de la vie de la Nation, il en est une qu’il faut particulièrement distinguer et, à sa mémoire rendre l’hommage mérité. Elle n’a pas pu être présidente de notre assemblée. Elle a préféré, au fil des législatures, présider notre conscience politique. Chaleureuse autant que rigoureuse, elle fut notre première dame et restera, pour longtemps encore, notre dame première », a-t-il ajouté faisant allusion à feu Rosine V. Soglo.
« Avocate remarquable et politique remarquée, sa cécité lumineuse éclairait les débats parlementaires d’une rare perspicacité et d’une féconde lucidité. Brave et stratège, cheffe de parti et directrice de pensée de son groupe politique, de ses partisans voire de ses détracteurs, Rose-Marie Honorine Vieyra SOGLO, connue de renommée et de réputation glorieuse comme Maman Rosine, ne fut pas seulement une Grande Femme. Elle fut un Grand Homme d’Etat (Homme avec « H » avec tout ce qu’il y a d’humanité qui transcende l’espace et le temps). Elle fut surtout un législateur hors pair dont la figure, la posture et la présence ne laissaient personne indifférente, arrachée à notre commune affection le 25 juillet 2021», a rappelé le Président Djogbénou, la voix chargée d’administration.
Il n’a pas oublié le Président Patrice Talon à qui, il a fait une mention spéciale en saluant sa personnalité pour ce qu’elle est, politiquement forte et humainement généreuse, dont l’audace pour la Nation est sans condition, et la solidarité en faveur des plus vulnérables sans discussion.
Le cap de la 10e législature fixé
Après les hommages, le Professeur Joseph Fifamin Djogbénou a partagé avec l’assistance ce que les uns et les autres peuvent attendre de la 10e législature de l’Assemblée nationale qui ouvre une période et une expérience nouvelle de législation et de contrôle de l’action du Gouvernement induite par l’avènement du Sénat.
D’un premier regard en effet, si l’Assemblée nationale garde le monopole du contrôle de l’action du gouvernement, elle ne conduira plus seule, le processus de législation. La nouvelle rédaction de l’article 79 de la Constitution dispose en effet que : « Le parlement exerce le pouvoir législatif et contrôle l’action du gouvernement. Il est composé de deux assemblées : l’assemblée nationale et le Sénat ». Certes, l’Assemblée nationale demeure le siège de la fabrique de la loi puisqu’elle garde, le pouvoir de délibérer. Au demeurant les termes de l’article 98 de la Constitution, fixant le périmètre de son intervention demeurent inchangés. Toutefois, elle ne détermine plus le sort politique de la loi. Et c’est justement pour cette raison que le Président Djogbénou a appelé les uns et les autres à garder à l’esprit que l’attelage constitutionnel entre le Sénat et l’Assemblée nationale n’institue pas les deux organes dans un duel institutionnel mais plutôt en duo, dans une complémentarité utile. « Ils n’exerceront pas leur mission en concurrence mais de concert. Et à ce sujet, la mise en conformité du règlement intérieur à la Constitution est un premier défi qui attend la Représentation nationale », a annoncé le Président Djogbénou.
D’un second regard, sur le fond, le Président Djogbénou a appelé tous les acteurs à rester attachés aux objectifs politiques fondamentaux de notre Nation et pourvoir de ressources législatives pertinentes la politique de la Nation que « détermine et conduit » le président de la République selon les termes de l’article 54 al. 1er de la Constitution.
« A ce sujet, l’option de régionalisation du développement qu’a défendue le président élu Romuald Wadagni devant le peuple, doit avoir un prolongement législatif. Au surplus, la présente législature doit être celle des réponses législatives pertinentes aux rapports sociaux et économiques, individuels ou de groupes », a dit le Professeur Fifamin Djogbénou pour qui, « Le droit des obligations civiles, celui des personnes et de la famille, du patrimoine et de la protection sociale, recevront, au cours de cette législature, les réponses appropriées ».
Pour le premier responsable du Parlement béninois « Le septennat législatif doit garantir à nos concitoyens des solutions nouvelles et celles renouvelées, qui protègent la vie, la société et l’Etat ». « Il doit assurer la simplification des normes, leur accessibilité, ainsi que la stabilité et la sécurité juridique », a-t-il conclu.

