Sénégal : l’Assemblée nationale rejette le budget rectificatif du gouvernement

Sénégal : l’Assemblée nationale rejette le budget rectificatif du gouvernement

Les députés sénégalais ont rejeté, mardi 3 novembre 2026, le projet de loi de finances rectificative pour l’année en cours. Contestant notamment la sincérité des prévisions budgétaires et plusieurs arbitrages financiers, ils ont mis un terme à l’examen du texte sans débat sur le fond.

Nouveau revers parlementaire pour le gouvernement sénégalais. L’Assemblée nationale a rejeté, mardi 3 novembre 2026, le projet de loi n° 40/2026 portant loi de finances rectificative (LFR) pour l’année en cours. La décision est intervenue après l’adoption d’une question préalable soulevée par le député Amadou Ba, estimant qu’il n’y avait pas lieu de poursuivre l’examen du texte.

Selon les résultats rectifiés du scrutin rapportés par la presse sénégalaise, 126 voix se sont prononcées en faveur du rejet, contre 20 et trois abstentions. La rectification a intégré 17 délégations de vote initialement omises dans le décompte.

Au cœur des désaccords figure la sincérité des prévisions budgétaires présentées par l’exécutif. Les parlementaires contestent notamment le niveau du déficit public, annoncé à 7,6 % du produit intérieur brut (PIB), ainsi que les ajustements proposés à quelques semaines de la clôture de l’exercice 2026.

Des arbitrages budgétaires contestés

Les réserves des députés portent également sur les investissements publics, dont les crédits auraient été réduits d’environ 555 milliards de francs Cfa dans le projet rectificatif. Ils ont demandé des éclaircissements sur plusieurs postes de dépenses, notamment les subventions au secteur de l’énergie, les arriérés de paiement et les mécanismes de protection sociale.

Le dispositif de soutien aux ménages, qui prévoit 70 milliards de francs Cfa pour les bourses de sécurité familiale, a notamment suscité des interrogations sur le ciblage des bénéficiaires, son efficacité et son financement. Les parlementaires ont aussi regretté la non-transmission de certains documents jugés nécessaires à l’exercice du contrôle parlementaire.

Le gouvernement, de son côté, défend les ajustements proposés dans un contexte de redressement économique et de besoins de financement de l’État. Les échanges avec les députés n’ont toutefois pas permis de rapprocher suffisamment les positions avant le vote en séance plénière.

Un blocage aux conséquences financières

Le rejet du texte prive l’exécutif de l’approbation parlementaire recherchée pour ses ajustements budgétaires de fin d’année. Il soulève également des interrogations sur la mobilisation des ressources nécessaires au financement des dépenses publiques et sur la poursuite des discussions financières avec les partenaires du Sénégal.

La suite dépendra des options juridiques et budgétaires retenues par les autorités pour assurer la continuité de l’action publique. Le débat autour du budget rectificatif illustre, en tout cas, les tensions entre l’exécutif et les parlementaires sur la gestion des finances publiques, la transparence budgétaire et les priorités de dépenses.

 

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