Éthiopie : Abiy Ahmed reconduit, le pouvoir fédéral reprend Mekele

Éthiopie : Abiy Ahmed reconduit, le pouvoir fédéral reprend Mekele

Le Parlement éthiopien a reconduit, lundi 5 octobre 2026, Abiy Ahmed au poste de Premier ministre pour un nouveau mandat de cinq ans. Cette nouvelle investiture intervient dans un contexte particulièrement tendu, marqué par la reprise des hostilités au Tigré et la reconquête de Mekele, capitale régionale, par les forces fédérales.

Abiy Ahmed reste à la tête du gouvernement éthiopien. La Chambre des représentants des peuples, issue des élections générales du 1er juin, l’a nommé lundi Premier ministre pour un nouveau mandat. Le vote est intervenu lors de la première session de la nouvelle législature, après la victoire du Parti de la prospérité (PP), formation dirigée par Abiy Ahmed. Le Premier ministre a ensuite prêté serment, officialisant son maintien à la tête du gouvernement fédéral.

Le scrutin parlementaire de juin avait largement conforté le parti au pouvoir. Selon les données communiquées par les autorités éthiopiennes, le scrutin avait réuni 42 partis et plus de 54 millions d’électeurs inscrits. Le PP dispose désormais d’une majorité écrasante à la Chambre des représentants des peuples, lui permettant de conduire la formation du nouveau gouvernement.

Une reconduction sur fond de crise au Tigré

Le nouveau mandat d’Abiy Ahmed s’ouvre toutefois dans un climat sécuritaire particulièrement préoccupant. Le conflit a repris dans le nord du pays après plusieurs années d’accalmie consécutives à l’accord de paix de 2022 qui avait mis fin à la guerre du Tigré.

Les forces fédérales éthiopiennes ont repris le contrôle de Mekele, capitale du Tigré, après le retrait des forces liées au Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Ce dernier a confirmé le retrait de ses combattants et indiqué que son administration régionale fonctionnerait temporairement depuis un autre lieu.

La reprise de Mekele constitue un revers important pour le TPLF, qui avait lancé une offensive contre les forces fédérales à partir du 23 septembre. L’armée fédérale avait notamment repris l’aéroport Alula Aba Nega avant de progresser vers le centre de la capitale régionale.

Le risque d’une nouvelle escalade

La situation demeure cependant loin d’être stabilisée. Des combats et des frappes ont continué à être signalés dans plusieurs secteurs du Tigré après la reprise de Mekele. Reuters faisait état lundi de frappes aériennes et de tirs d’artillerie ayant fait au moins 17 morts dans plusieurs zones de la région.

Cette nouvelle flambée de violence ravive les inquiétudes d’un retour à une guerre de grande ampleur dans le nord de l’Éthiopie. Le conflit de 2020-2022 avait provoqué une catastrophe humanitaire et fait plusieurs centaines de milliers de victimes selon différentes estimations.

La crise dépasse par ailleurs les frontières du Tigré. Addis-Abeba accuse notamment l’Érythrée, le Soudan et l’Égypte de soutenir les forces opposées au gouvernement fédéral, ce que ces pays contestent. Les tensions entre l’Éthiopie et l’Érythrée se sont également fortement dégradées ces derniers jours.

Pour Abiy Ahmed, reconduit à la tête du gouvernement alors que les institutions de la nouvelle législature se mettent en place, le nouveau mandat s’annonce ainsi marqué par d’importants défis sécuritaires, politiques et régionaux. La priorité sera notamment de contenir l’escalade au Tigré et d’éviter que le conflit ne s’étende davantage dans la Corne de l’Afrique.

 

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