Iran : Un vol commercial atterrit en Chine malgré les menaces américaines
Un Airbus A340 de la compagnie iranienne Mahan Air s’est posé mercredi 23 septembre à Canton, dans le sud de la Chine, alors que Washington menaçait de sanctions les acteurs fournissant des services aux compagnies aériennes iraniennes.
Un vol commercial iranien a bien atterri en Chine malgré l’entrée en vigueur de nouvelles mesures américaines visant à isoler davantage le secteur aérien iranien. Selon les données de suivi de Flightradar24, un Airbus A340 de Mahan Air, parti de Téhéran, a atterri mercredi après-midi à Canton, également appelée Guangzhou, dans le sud de la Chine.
L’appareil, identifié comme le vol IRM093, s’est posé vers 16h40, heure locale, soit 08h40 GMT, selon les informations rapportées par l’Agence France-Presse. Le vol n’apparaissait toutefois pas dans les informations publiques de l’aéroport international de Guangzhou Baiyun au moment du constat, précise l’AFP.
Washington menace les prestataires
Cette arrivée intervient au moment où les États-Unis renforcent la pression sur le secteur aérien iranien. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, avait annoncé que les compagnies et acteurs étrangers fournissant certains services aux transporteurs iraniens pourraient être exposés à des sanctions secondaires.
Dans une déclaration rapportée lundi, le responsable américain avait notamment évoqué les services de carburant, d’assistance à l’atterrissage ou encore la vente de billets. Les entreprises concernées pourraient, selon ses propos, être privées d’accès au système financier en dollars.
Le Trésor américain n’avait toutefois pas apporté de précisions supplémentaires sur les modalités exactes et le calendrier d’application de ces mesures, relève l’AFP.
Pékin maintient ses liaisons avec l’Iran
Le maintien d’un vol de Mahan Air vers la Chine intervient dans un contexte de désaccord entre Pékin et Washington sur les sanctions visant Téhéran. Les autorités chinoises ont réaffirmé leur opposition aux sanctions américaines qu’elles considèrent comme des mesures unilatérales.
La Chine demeure par ailleurs une destination importante pour les compagnies iraniennes. Mahan Air dessert notamment plusieurs villes chinoises, dont Pékin, Shanghai et Canton. Des employés du bureau de la compagnie à Shanghai ont indiqué à l’AFP mercredi n’avoir reçu aucune notification concernant une suspension des vols et continuaient de vendre des billets pour la semaine suivante.
Les données de Flightradar24 montrent également que les liaisons de Mahan Air entre Téhéran et Guangzhou se sont poursuivies au cours des jours précédant l’entrée en vigueur des nouvelles mesures américaines.
Des vols suspendus vers plusieurs destinations
La pression américaine a néanmoins déjà des répercussions sur certaines liaisons internationales iraniennes. Des vols vers plusieurs destinations, notamment Bagdad, Mascate, le Qatar, la Géorgie et l’Azerbaïdjan, ont été suspendus ou affectés, selon des informations recueillies par l’AFP. D’autres liaisons, notamment vers la Chine, restaient opérationnelles.
Le bras de fer s’étend également aux pays voisins. Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Mohsen Rezaei, a averti mercredi que Téhéran pourrait prendre des mesures contre les aéroports des pays voisins qui coopéreraient avec Washington pour empêcher les vols iraniens d’y opérer. Reuters a rapporté ces déclarations diffusées par la télévision d’État iranienne.
L’atterrissage de ce vol à Canton constitue ainsi un premier élément concret permettant de constater que les nouvelles mesures américaines n’ont pas, à ce stade, interrompu toutes les liaisons internationales des compagnies iraniennes. Leur portée et leur application effective auprès des différents prestataires et pays restent toutefois à suivre.

