Coupe du monde féminine U20: Les Amazones retombent lourdement face à l’Argentine

Coupe du monde féminine U20: Les Amazones retombent lourdement face à l’Argentine

 

Après avoir arraché un nul spectaculaire contre le Mexique (2-2) pour leur première apparition historique en Coupe du monde féminine U20, les Amazones du Bénin ont connu une soirée beaucoup plus difficile face à l’Argentine. Les Béninoises se sont inclinées 0-8, mardi à Katowice, lors de la deuxième journée du groupe A. Héroïne du premier match avec un doublé, Romaine Gandonou est cette fois restée sans solution face à une défense argentine bien organisée.

Le rêve avait commencé par un exploit. Il s’est brutalement heurté à la réalité du très haut niveau. Après avoir remonté un retard de deux buts contre le Mexique samedi dernier, les Amazones U20 n’ont pas réussi à reproduire leur performance face à l’Argentine. A l’arrivée, une lourde défaite, 0-8, qui complique sérieusement la situation du Bénin dans le groupe A.

Dès les premières minutes, les Argentines ont affiché davantage de maîtrise et d’efficacité. Elles ont rapidement pris les commandes de la rencontre et ont progressivement installé les Béninoises dans leur camp. Julia Vinhas a ouvert le score à la 16e minute, avant que Mercedes Diz ne double la mise à la 32e. Annika Paz a ensuite aggravé la marque dans le temps additionnel de la première période, portant le score à 3-0 à la pause.

Au retour des vestiaires, le Bénin n’a pas réussi à inverser la tendance. L’Argentine a conservé la maîtrise du jeu et a enchaîné. La défaite 0-8 est d’autant plus sévère que les Béninoises avaient montré, contre le Mexique, des ressources mentales et offensives prometteuses.

 

Une Gandonou cette fois muselée

La principale différence entre les deux rencontres réside notamment dans la prestation de Romaine Gandonou. Contre le Mexique, la jeune attaquante avait été la grande artisane du retour béninois. Menées 2-0, les Amazones avaient pu compter sur son doublé, avec un premier but sur penalty à la 56e minute et une égalisation à la 87e.

Face à l’Argentine, la situation a été tout autre. Très attendue après son entrée fracassante dans la compétition, Gandonou a été beaucoup moins en vue. Bien surveillée et privée d’espaces, la meilleure buteuse béninoise des éliminatoires n’a pas réussi à reproduire son rendement du premier match.

Cette prestation ne saurait toutefois effacer ce qu’elle avait réalisé quelques jours plus tôt. La FIFA avait d’ailleurs souligné son importance lors de la qualification historique du Bénin pour le Mondial. Gandonou avait inscrit 14 buts en six matches lors des éliminatoires africaines, faisant d’elle l’une des joueuses béninoises à suivre en Pologne.

La rencontre contre l’Argentine rappelle surtout une évidence du football de haut niveau : lorsqu’une équipe repose fortement sur une joueuse offensive, l’adversaire cherche naturellement à neutraliser cette menace. C’est ce qu’ont réussi les Argentines, réduisant considérablement l’influence de Gandonou et, avec elle, une partie des possibilités offensives béninoises.

 

Un début de match qui coûte cher

La défaite ne peut cependant être imputée à la seule prestation de la jeune attaquante. C’est l’ensemble du collectif béninois qui a éprouvé des difficultés à contenir le rythme imposé par l’Albiceleste.

L’Argentine, déjà battue 3-0 par la Pologne lors de son premier match, abordait cette deuxième sortie avec l’obligation de réagir. Cette situation a probablement contribué à la détermination affichée par les Sud-Américaines. Après leur revers inaugural, elles se retrouvaient sous pression et devaient impérativement prendre des points pour rester dans la course à la qualification.

Les Béninoises, elles, avaient obtenu un précieux point contre le Mexique. Mais leur entame de match face à l’Argentine leur a rapidement compliqué la tâche. Avec trois buts encaissés en première période, le Bénin a dû courir après un résultat qui semblait déjà hors de portée à la pause.

Cette première mi-temps contraste fortement avec celle disputée contre le Mexique. Menées 2-0, les Amazones avaient alors trouvé les ressources pour revenir dans la partie. Contre l’Argentine, elles n’ont pas bénéficié de la même dynamique.

 

La qualification se complique

Avec un point obtenu lors des deux premières journées, le Bénin voit désormais ses chances de qualification se réduire. Avant cette rencontre, les Béninoises occupaient la deuxième place du groupe A avec un point, derrière la Pologne, tandis que le Mexique comptait également un point et l’Argentine aucun après sa défaite inaugurale.

Le groupe reste toutefois ouvert et la compétition prévoit un système permettant aux quatre meilleures troisièmes de rejoindre les huitièmes de finale. Les deux premières équipes de chaque groupe ainsi que les quatre meilleures troisièmes sont qualifiées pour la phase à élimination directe.

Le Bénin devra donc rapidement tourner la page de cette lourde défaite et se concentrer sur son dernier match de poule. Les Amazones affronteront la Pologne, pays hôte, le 11 septembre. L’enjeu sera considérable. Il faudra retrouver la solidité défensive et surtout l’efficacité offensive qui avaient permis aux Béninoises de revenir de deux buts contre le Mexique.

 

Retrouver l’esprit du premier match

Cette défaite face à l’Argentine constitue un sérieux avertissement pour une sélection qui découvre la scène mondiale. La FIFA rappelle que le Bénin participe pour la première fois à une Coupe du monde féminine et que cette édition 2026 constitue également sa toute première participation à une compétition mondiale de la FIFA.

L’apprentissage est donc brutal, mais précieux. Le nul obtenu contre le Mexique avait montré que les Amazones pouvaient rivaliser et surtout réagir dans l’adversité. Le revers contre l’Argentine montre, à l’inverse, les exigences du très haut niveau. Une mauvaise entame, quelques espaces laissés à l’adversaire et une attaque privée de solutions peuvent rapidement se payer au prix fort. Pour Romaine Gandonou et ses partenaires, le dernier rendez-vous de la phase de groupes sera donc celui de la réaction. La jeune vedette béninoise devra notamment retrouver son influence offensive si le Bénin veut espérer prolonger son aventure mondiale.

Après l’euphorie du Mexique et la douche froide argentine, les Amazones ont désormais un dernier défi, se relever, retrouver leur caractère et livrer face à la Pologne une prestation à la hauteur de leur première apparition historique sur la scène mondiale.

 

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