Sécurité alimentaire au Bénin : l’Abssa renforce la surveillance et appelle à la vigilance

A l’occasion de la Journée internationale de la sécurité sanitaire des aliments, l’Agence béninoise de sécurité sanitaire des aliments (Abssa) a mis en lumière son rôle dans la protection des consommateurs. Contrôles, prévention des risques, exportations agricoles et polémique autour de l’ananas béninois ont été au cœur des échanges.

Manger est un besoin vital, mais manger en toute sécurité est un défi quotidien. C’est le message qu’a voulu faire passer l’Agence béninoise de sécurité sanitaire des aliments (Abssa) lors d’une conférence de presse organisée à Cotonou dans le cadre de la Journée internationale de la sécurité sanitaire des aliments, célébrée chaque 7 juin.

Réunis au Laboratoire central de contrôle de la sécurité sanitaire des aliments (Lcssa), à Akpakpa, responsables de l’agence et professionnels des médias ont échangé autour du thème retenu pour l’édition 2026 : « Du fardeau aux solutions : un accès universel à des aliments sûrs ».

Pour le directeur général de l’Abssa, Kisito Chabi Sika, cette journée constitue une occasion privilégiée de sensibiliser les différents acteurs de la chaîne alimentaire aux enjeux liés à la qualité sanitaire des aliments.

« Chaque acteur, du producteur au consommateur, a une responsabilité. Lorsque les bonnes pratiques ne sont pas respectées, les risques de contamination augmentent et peuvent avoir des conséquences graves sur la santé », a-t-il rappelé.

Le contrôle sanitaire, une mission permanente

Créée pour garantir la qualité sanitaire des produits alimentaires au Bénin, l’Abssa intervient à tous les niveaux de la chaîne de production et de commercialisation. L’agence assure notamment le contrôle des produits transformés, la délivrance des autorisations de mise sur le marché, la surveillance des produits importés et l’accompagnement des exportations agricoles.

L’institution veille à ce que les aliments mis à la disposition des consommateurs soient exempts de substances dangereuses telles que les résidus excessifs de pesticides, les contaminants chimiques ou les médicaments vétérinaires.

Selon le directeur général, les contrôles réalisés par l’agence reposent sur une approche scientifique basée sur les risques. Les produits les plus exposés à d’éventuelles contaminations font l’objet d’une surveillance renforcée grâce à des plans de contrôle et de surveillance élaborés chaque année.

« Nous ne contrôlons pas au hasard. Nous ciblons les produits en fonction des alertes, des données scientifiques disponibles et des informations recueillies sur le terrain », a expliqué Kisito Chabi Sika.

L’affaire de l’ananas toujours sous investigation

La conférence de presse a également permis de revenir sur la récente controverse liée à certaines exportations d’ananas béninois vers le marché européen.

Interrogé sur le sujet, le directeur général de l’Abssa a affirmé que les analyses effectuées au Bénin avaient conclu à la conformité des produits exportés. Toutefois, des dépassements de normes ont été signalés lors de contrôles réalisés à destination.

Pour l’heure, les investigations se poursuivent afin de déterminer les causes exactes de cette situation.

« Les résultats obtenus par nos laboratoires sont fiables. Nous utilisons les mêmes équipements et les mêmes méthodes que les laboratoires européens », a-t-il assuré.

À la suite de cet incident, l’agence a renforcé son dispositif de contrôle. Désormais, des prélèvements complémentaires sont effectués au niveau des sites d’embarquement afin de garantir une meilleure traçabilité des cargaisons exportées.

Un enjeu majeur de santé publique

Au-delà des questions de conformité, l’Abssa a insisté sur les conséquences sanitaires liées à la consommation d’aliments contaminés.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), des centaines de millions de personnes tombent malades chaque année à la suite de la consommation d’aliments impropres. Ces maladies entraînent des pertes humaines, mais également des coûts économiques considérables.

Pour Kisito Chabi Sika, l’insécurité alimentaire représente un véritable fardeau pour les États. Elle augmente la pression sur les structures sanitaires, réduit la productivité des travailleurs et mobilise des ressources publiques qui pourraient être consacrées à d’autres priorités de développement.

« Lorsqu’il y a davantage de malades, les dépenses de santé augmentent. Cela a un impact direct sur l’économie et sur la qualité de vie des populations », a-t-il souligné.

Des solutions fondées sur la prévention

Face à ces défis, l’Abssa plaide pour une approche collective reposant sur la prévention, la sensibilisation et le renforcement des capacités de contrôle.

L’agence entend poursuivre ses programmes de surveillance, améliorer la collecte de données et contribuer à l’élaboration de politiques publiques plus efficaces en matière de sécurité alimentaire.

Le message lancé à l’occasion de cette Journée internationale est clair : garantir un accès universel à des aliments sûrs ne relève pas uniquement de la responsabilité des autorités. Producteurs, transformateurs, commerçants et consommateurs ont tous un rôle à jouer.

Dans un contexte où les exigences sanitaires deviennent de plus en plus fortes sur les marchés nationaux et internationaux, l’Abssa veut faire de la sécurité alimentaire un levier de santé publique, mais aussi un atout pour la compétitivité des produits béninois.

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