Sénégal: Le 1er congrès du Pastef consacre le leadership de Sonko et réaffirme le cap souverainiste

Sénégal: Le 1er congrès du Pastef consacre le leadership de Sonko et réaffirme le cap souverainiste

Douze ans après sa création, le parti Pastef-Les Patriotes a tenu, le 6 juin 2026 à Diamniadio, son premier congrès national. Réunissant près de 1 200 délégués venus des quatorze régions du Sénégal et de la diaspora, cette rencontre historique a permis à la formation politique de consolider son organisation interne, d’adopter de nouveaux textes d’orientation et de réaffirmer son ambition de conduire la « transformation systémique » du Sénégal. Au terme des travaux, Ousmane Sonko a été élu président du parti à l’unanimité des suffrages exprimés.

Le Centre international de conférences Abdou Diouf (Cicad) de Diamniadio a servi de cadre, samedi 6 juin, à un rendez-vous que les responsables de Pastef-Les Patriotes présentent comme une étape fondatrice dans l’histoire du mouvement. Créé en 2014, le parti au pouvoir organisait pour la première fois un congrès national destiné à formaliser ses instances dirigeantes et à définir ses orientations stratégiques pour les années à venir.

La rencontre a mobilisé quelque 1 200 délégués représentant les structures du parti au Sénégal et à l’étranger. Plusieurs invités issus de partis politiques africains, d’organisations citoyennes, de mouvements panafricanistes, de la société civile et de réseaux internationaux ont également pris part aux travaux, témoignant du rayonnement acquis par la formation politique sénégalaise depuis son accession au pouvoir.

Sonko élu à l’unanimité

Moment fort du congrès, l’élection du président du parti a consacré sans surprise le leadership de Ousmane Sonko. Selon les résultats proclamés par la commission électorale du congrès, les 589 procès-verbaux validés ont tous porté leur choix sur le leader historique du mouvement, sans aucun vote blanc ni candidature concurrente. Une élection qui traduit l’emprise politique intacte de Sonko sur la formation qu’il a fondée il y a douze ans.

Cette désignation intervient dans un contexte politique particulier, marqué ces dernières semaines par des recompositions au sommet de l’État et par des débats sur les rapports entre le parti majoritaire et les institutions sénégalaises.

« Pastef n’est guidé ni par la course au pouvoir »

Dans son discours, Ousmane Sonko a cherché à recentrer le débat sur les fondements idéologiques du mouvement. Face aux interrogations suscitées par l’évolution récente de la vie politique sénégalaise, il a insisté sur la vocation du parti à demeurer fidèle à son projet initial.

« Pastef n’est guidé ni par la course au pouvoir, ni par le partage de places ou le jeu des alliances de coalition », a-t-il déclaré devant les congressistes. Pour lui, le véritable enjeu ne réside pas dans l’occupation des postes mais dans la mise en œuvre du projet politique porté par le mouvement depuis sa création.

Le leader des Patriotes a également tenu à rappeler les sacrifices consentis par de nombreux militants au cours des années de lutte politique. Selon lui, la seule boussole du parti demeure le respect des engagements pris devant le peuple sénégalais et la fidélité au projet de transformation nationale défendu par ses militants.

La transformation systémique au cœur des débats

Au-delà de l’élection du président du parti, le congrès a été marqué par plusieurs panels consacrés au thème général : « Révolution et souveraineté : les chemins de la transformation systémique du Sénégal ».

Les discussions ont porté sur la manière dont le parti entend accompagner les mutations institutionnelles, économiques et sociales qu’il appelle de ses vœux. Un premier panel a notamment examiné les adaptations organisationnelles nécessaires pour permettre à Pastef de poursuivre son projet de transformation du pays.

Un second atelier a été consacré à la place de la jeunesse, des femmes et des travailleurs dans la construction de ce que les responsables du parti qualifient de « bloc populaire de la souveraineté ». Les intervenants ont insisté sur la nécessité de renforcer l’organisation des forces sociales afin de consolider les bases du projet politique porté par le mouvement.

La souveraineté érigée en principe central

Les congressistes ont également adopté plusieurs textes structurants destinés à encadrer l’action du parti pour les prochaines années. Parmi les résolutions majeures figure l’affirmation de la souveraineté comme principe central de la doctrine politique du mouvement. Cette orientation confirme la continuité du discours souverainiste qui a largement contribué à l’ascension de Pastef sur la scène politique sénégalaise.

Dans les documents adoptés, les responsables du parti réaffirment leur volonté de promouvoir un modèle de gouvernance fondé sur l’autonomie décisionnelle, la valorisation des ressources nationales et le renforcement de l’intégration africaine.

Une démonstration de force politique

Au terme de cette journée, les responsables du parti ont salué la forte mobilisation des militants et la discipline observée tout au long des travaux. Pour plusieurs cadres du mouvement, ce premier congrès marque l’entrée de Pastef dans une nouvelle phase de son histoire, celle d’un parti appelé à conjuguer exercice du pouvoir et fidélité à son projet politique.

La secrétaire générale adjointe du parti, Khady Diène Gaye, a estimé que cette rencontre constituait « une étape historique dans la consolidation du projet politique » porté par le mouvement. Elle a salué « la mobilisation exceptionnelle, la discipline et la maturité politique » des militants venus de toutes les régions du Sénégal.

Un grand rassemblement populaire est prévu ce dimanche afin de prolonger cette démonstration de force et de célébrer avec les militants ce premier congrès national, considéré par les responsables du parti comme le point de départ d’une nouvelle séquence politique pour Pastef-Les Patriotes.

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