Aide publique au développement en Afrique : une perception globalement positive, mais des attentes fortes

Aide publique au développement en Afrique : une perception globalement positive, mais des attentes fortes

Une nouvelle enquête menée par l’Agence française de développement (AFD) avec l’institut Ipsos révèle que l’aide publique au développement bénéficie d’une image favorable en Afrique, notamment au Bénin, au Maroc et en Afrique du Sud. Toutefois, derrière cette confiance affichée, les populations expriment aussi des attentes accrues en matière de transparence, d’efficacité et d’implication locale.

L’aide publique au développement continue de susciter un intérêt marqué sur le continent africain. C’est ce que met en lumière une nouvelle étude conduite par l’Agence française de développement (AFD) et réalisée par l’institut Ipsos auprès de 3 070 personnes interrogées au Bénin, au Maroc et en Afrique du Sud. L’objectif de cette enquête est de mieux comprendre la perception des populations afin d’adapter les politiques de développement et d’en renforcer l’impact.

Cette étude s’inscrit dans une démarche amorcée à l’automne 2024, lorsqu’un premier sondage avait été réalisé dans quatre pays africains : la Côte d’Ivoire, le Kenya, la République démocratique du Congo et le Sénégal. Le nouveau baromètre approfondit ainsi l’analyse dans trois autres pays du continent.

Les résultats montrent qu’une majorité des personnes interrogées connaissent l’existence de l’aide publique au développement et lui accordent une perception favorable. Selon l’AFD, cette image positive atteint 67 % au Bénin, 69 % au Maroc et 79 % en Afrique du Sud, traduisant un niveau de confiance comparable à celui observé dans plusieurs pays européens et du G7.

Mais cette adhésion ne signifie pas une satisfaction totale. Les attentes varient selon les contextes nationaux. En Afrique du Sud, les personnes interrogées privilégient davantage l’appui technique et le transfert de compétences, tandis qu’au Bénin et au Maroc, les dons et prêts à taux réduit restent perçus comme des instruments adaptés aux besoins locaux.

Transparence et résultats visibles au cœur des attentes

L’étude souligne également que la perception positive de l’aide s’accompagne d’interrogations sur son efficacité réelle. De nombreux répondants estiment que les effets des politiques de développement ne sont pas toujours visibles dans leur quotidien et insistent sur la nécessité de mieux cibler les populations vulnérables. Corruption et mauvaise gestion des fonds figurent parmi les principales préoccupations exprimées.

Face à ces réserves, les populations interrogées réclament davantage de transparence ainsi qu’une implication plus forte des communautés locales dans la conception et la mise en œuvre des projets. Pour l’AFD, cette demande traduit la volonté de rapprocher les politiques de développement des réalités vécues sur le terrain.

L’enquête révèle par ailleurs une perception favorable de l’intégration de la culture et du sport dans les politiques de développement. Cette orientation recueille notamment une adhésion particulièrement forte au Bénin et en Afrique du Sud.

Si l’AFD demeure encore relativement peu connue dans certains pays francophones, son image auprès des personnes qui l’identifient reste largement positive. L’institution est principalement associée à la confiance, à l’écoute et au soutien aux projets de développement durable.

À travers ce baromètre, l’AFD entend poursuivre un exercice d’écoute destiné à mieux comprendre les attentes africaines et à ajuster ses interventions dans un contexte international où la transparence et les résultats mesurables sont devenus des exigences majeures.

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