Sénégal : Bassirou Diomaye Faye clarifie sa position sur Macky Sall, Sonko et les enjeux politiques
Lors d’une grande interview accordée à la presse, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye est revenu sur plusieurs dossiers sensibles, allant de la candidature de Macky Sall à un poste à l’ONU aux relations avec le Premier ministre Ousmane Sonko, en passant par les réformes électorales et les défis économiques.
Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a livré une série de clarifications sur plusieurs sujets majeurs de l’actualité nationale et internationale. Au cœur de ses déclarations, la question de la candidature de son prédécesseur Macky Sall à un poste aux Nations unies.
Le chef de l’État a indiqué ne pas avoir été directement informé par l’intéressé. « Pour la candidature du président Macky Sall à l’ONU, je ne l’ai pas apprise de lui. Quatre de mes homologues me l’ont fait savoir bien avant », a-t-il confié. Tout en rappelant un principe constant de la diplomatie sénégalaise, il a souligné : « En ma qualité de président de la République, mon devoir est d’accompagner tout Sénégalais désirant concourir à un poste international ».
Entre diplomatie, gouvernance et équilibres politiques
Malgré cette posture de principe, Bassirou Diomaye Faye a regretté l’absence de concertation autour de cette candidature. « Macky Sall ne s’est pas approché de nous », a-t-il affirmé, évoquant également des « pressions » au sein de la sous-région, notamment de certains États membres de la CEDEAO.
Face à cette situation, le Sénégal a opté pour une position mesurée : « Au final, pour cette candidature, le Sénégal a une posture de neutralité. Nous n’allons toutefois engager aucune action de type à saboter la candidature ».
Sur le plan interne, le président s’est également exprimé sur sa relation avec le Premier ministre Ousmane Sonko, insistant sur le caractère conditionnel de sa présence à la tête du gouvernement. « Tant qu’il est Premier ministre, c’est parce qu’il bénéficie de ma confiance […] le jour où je n’aurai pas satisfaction, je mettrai le Sénégal en avant », a-t-il déclaré.
Interrogé sur les débats autour de l’éligibilité de son chef de gouvernement, il a tenu à relativiser : « La question de l’éligibilité d’Ousmane Sonko n’a jamais été mon problème ». Il a toutefois exprimé son incompréhension face à certaines procédures parlementaires, notamment l’adoption en urgence de modifications du Code électoral.
Le président est également revenu sur son parcours politique et son rôle dans la création du PASTEF. « Ce parti, je l’ai bâti de mes mains », a-t-il affirmé, revendiquant une implication directe dans la rédaction des textes fondateurs et dans l’implantation du mouvement à travers le pays.
Sur le plan économique, Bassirou Diomaye Faye a évoqué les incertitudes liées au contexte international. Il a mis en garde contre d’éventuelles hausses de prix si les tensions mondiales persistent, tout en assurant maintenir, pour l’heure, les efforts de stabilisation du coût de la vie.
Enfin, abordant les relations avec le Fonds monétaire international, le chef de l’État a écarté toute rupture. « Il n’y a pas de rupture avec le FMI, les discussions se poursuivent », a-t-il affirmé, tout en précisant que le Sénégal entend défendre une trajectoire conforme à ses priorités nationales.
À travers ces prises de parole, le président sénégalais esquisse une ligne de conduite articulée autour de la souveraineté, de la cohérence diplomatique et de la stabilité institutionnelle, dans un contexte politique et économique en constante évolution.

