Guerre au Moyen-Orient : Le Pam redoute un record historique de la faim
L’insécurité alimentaire mondiale pourrait atteindre un niveau sans précédent si le conflit au Moyen-Orient se prolonge. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a averti, mardi 17 mars 2026, que des dizaines de millions de personnes supplémentaires pourraient basculer dans la faim aiguë dans les prochains mois.
L’alerte est venue de Genève. Lors d’un point de presse tenu mardi 17 mars 2026, le Programme alimentaire mondial (PAM), agence des Nations unies chargée de la lutte contre la faim, a mis en garde contre une aggravation sans précédent de l’insécurité alimentaire à l’échelle mondiale.
Selon le directeur exécutif adjoint de l’institution, Carl Skau, la poursuite du conflit au Moyen-Orient pourrait avoir des conséquences dramatiques sur l’accès à la nourriture dans de nombreuses régions du monde.
« Si le conflit au Moyen-Orient se poursuit jusqu’en juin, 45 millions de personnes supplémentaires pourraient basculer dans l’insécurité alimentaire aiguë en raison de la hausse des prix. Cela porterait les niveaux de faim dans le monde à un record absolu, et c’est une perspective terrible », a-t-il déclaré.
L’impact direct de la guerre sur les prix
Le PAM souligne que la guerre en cours perturbe les chaînes d’approvisionnement mondiales, notamment en matière d’énergie et de transport maritime. Le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce international, est particulièrement affecté, ce qui entraîne une hausse des coûts du pétrole et du transport.
Cette situation se répercute directement sur les prix des denrées alimentaires. Dans de nombreux pays importateurs, notamment en Afrique et en Asie, l’augmentation des coûts logistiques renchérit les produits de base, aggravant la vulnérabilité des populations.
Des pays déjà fragiles en première ligne
Les régions déjà confrontées à des crises alimentaires risquent d’être les plus durement touchées. Le PAM évoque notamment les pays dépendants des importations alimentaires et ceux en situation de conflit ou de fragilité économique.
Dans ces contextes, la hausse des prix peut rapidement faire basculer des millions de personnes supplémentaires dans la faim aiguë, avec des conséquences humanitaires majeures.
L’agence onusienne rappelle que plusieurs dizaines de millions de personnes vivent déjà dans une situation d’insécurité alimentaire sévère, en raison de facteurs combinés tels que les conflits, les changements climatiques et les difficultés économiques.
Un appel à la mobilisation internationale
Face à cette menace, le Programme alimentaire mondial appelle la communauté internationale à anticiper une possible aggravation de la crise.
L’institution insiste sur la nécessité de maintenir les financements humanitaires et de soutenir les opérations d’aide alimentaire dans les zones les plus exposées.
Elle souligne également l’importance d’éviter toute perturbation prolongée des circuits commerciaux internationaux, notamment dans les zones stratégiques comme le Golfe, afin de limiter les effets en cascade sur les marchés mondiaux.
Une perspective jugée « terrible »
Pour le PAM, le scénario d’un record historique de la faim mondiale constitue une menace sérieuse si le conflit actuel venait à se prolonger.
L’organisation met en garde contre une situation où les crises alimentaires pourraient s’intensifier simultanément dans plusieurs régions du monde, rendant la réponse humanitaire encore plus complexe.
Dans ce contexte, l’évolution de la guerre au Moyen-Orient apparaît désormais comme un facteur déterminant pour la sécurité alimentaire mondiale dans les mois à venir.

