A Dakar, la Cedeao réfléchit à l’électrification rurale et les énergies renouvelables
Réunis depuis ce lundi 15 juin à Dakar dans le cadre d’une réunion délocalisée, les membres du Parlement de la Cedeao se penchent sur les défis de l’électrification rurale et de la transition énergétique dans l’espace communautaire. Pendant cinq jours, les discussions porteront sur les moyens de renforcer l’accès à l’énergie à travers le développement des sources renouvelables, considérées comme un levier majeur de transformation économique et sociale en Afrique de l’Ouest.
La question énergétique s’est invitée au cœur des débats parlementaires ouest-africains. A Dakar, les députés du Parlement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ont ouvert, lundi 15 juin 2026, une réunion délocalisée consacrée à l’exploitation des énergies renouvelables pour accélérer l’électrification des zones rurales et soutenir le développement des économies locales.
Pendant cinq jours, les participants examineront les défis liés à l’accès à l’électricité dans l’espace communautaire, ainsi que le rôle que peut jouer l’institution parlementaire régionale dans la promotion de politiques énergétiques plus durables et inclusives.
Présidant la cérémonie d’ouverture au nom du président de l’Assemblée nationale du Sénégal, l’honorable Babacar Ndiaye, président de la Commission de l’Énergie et des Ressources minérales, a rappelé le caractère stratégique de l’énergie pour le développement des États ouest-africains.
Selon lui, l’accès à une énergie fiable et abordable demeure l’un des fondements essentiels de la transformation économique du continent.
« L’énergie constitue le socle de l’industrialisation, de la compétitivité économique et de l’amélioration des conditions de vie des populations », a-t-il souligné devant les parlementaires et les représentants des institutions régionales.
L’élu sénégalais a insisté sur les multiples retombées du développement énergétique, notamment dans les secteurs agricoles, éducatifs et sanitaires. Dans les zones rurales, a-t-il relevé, l’électrification contribue à moderniser les activités agricoles, à soutenir l’entrepreneuriat des jeunes et à améliorer l’accès aux services sociaux de base.
Au cœur des échanges figure le thème : « Exploiter les énergies renouvelables pour l’électrification rurale et le renforcement des économies rurales dans l’espace Cedeao : le rôle du Parlement de la Cedeao ». Une problématique qui traduit la volonté des États membres d’accélérer leur transition énergétique tout en répondant aux besoins croissants des populations.
Pour Babacar Ndiaye, la région dispose déjà de nombreux atouts naturels susceptibles de soutenir cette ambition. L’abondance du soleil, du vent, de la biomasse et de certaines ressources hydrauliques offre à l’Afrique de l’Ouest des perspectives importantes en matière de production d’énergie propre.
« La CEDEAO dispose d’atouts considérables pour bâtir un modèle énergétique résilient capable de soutenir durablement la croissance économique et le bien-être des populations », a-t-il affirmé.
Les différents intervenants ont toutefois reconnu que l’important potentiel énergétique de la région reste encore sous-exploité. Représentant le ministre sénégalais de l’Énergie et du Pétrole, un responsable gouvernemental a appelé les États membres à transformer les ambitions affichées en réalisations concrètes afin d’améliorer durablement l’accès à l’électricité.
Dans le même esprit, Mamadou Moustapha Seck, représentant du ministre de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, a mis l’accent sur la nécessité d’une coopération régionale renforcée. Selon lui, la réussite de la transition énergétique ouest-africaine dépendra largement de la capacité des États à mutualiser leurs expériences, leurs ressources et leurs investissements.
L’un des constats majeurs dressés lors de la cérémonie d’ouverture concerne la faible contribution des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique régional. Selon les chiffres évoqués, ces sources représentent encore moins de 20 % du mix énergétique de l’Afrique de l’Ouest, malgré un potentiel jugé exceptionnel par les experts.
Cette situation contraste avec certaines avancées enregistrées dans des pays comme le Sénégal. Le représentant du président du Parlement de la Cedeao a ainsi cité l’exemple sénégalais, où la part des énergies renouvelables approche désormais les 30 % du mix énergétique national. Cette progression est notamment attribuée aux investissements réalisés dans plusieurs infrastructures solaires majeures, dont les centrales de Bokhol, Ten Merina et Senergy.
Pour les participants, ces expériences nationales peuvent servir de modèles à l’échelle régionale afin d’accélérer l’accès à l’électricité dans les zones encore insuffisamment desservies.
Au-delà des considérations techniques, les débats portent également sur les mécanismes législatifs et institutionnels susceptibles d’encourager les investissements dans les énergies propres. Les parlementaires entendent ainsi explorer les réformes nécessaires pour créer un environnement favorable au développement des infrastructures énergétiques et à l’émergence d’un marché régional plus intégré.
Ouvrant les travaux, l’honorable Guy Marius Sagna, président du Groupe des députés sénégalais au Parlement de la Cedeao, a souhaité la bienvenue aux différentes délégations présentes à Dakar. Il a salué le choix d’une thématique qu’il juge essentielle pour l’avenir de l’intégration régionale.
Pour les élus ouest-africains, l’accès universel à une énergie propre et abordable apparaît désormais comme une condition incontournable du développement durable. Les conclusions attendues de cette réunion pourraient ainsi contribuer à orienter les futures politiques communautaires en matière d’électrification rurale et de transition énergétique, dans une région où des millions de personnes restent encore privées d’un accès régulier à l’électricité.

