Après la crise des stages en médecine, Talon échange avec les professionnels de santé en formation
Le président de la République, Patrice Talon, a reçu ce lundi 16 mars 2026 des représentants des professionnels de santé en formation. Cette rencontre intervient dans un contexte de tension au sein du milieu médical, après la condamnation de plusieurs praticiens à la suite du décès d’une patiente au Centre hospitalier universitaire départemental de l’Ouémé, une affaire qui a entraîné la suspension temporaire des stages par des étudiants en médecine.
Le chef de l’État béninois, Patrice Talon, a tenu ce lundi 16 mars 2026 une séance d’échanges avec des représentants des professionnels de santé en formation. Cette rencontre intervient dans un climat de vives réactions au sein de la communauté médicale, consécutivement à la condamnation judiciaire d’une gynécologue et de deux médecins en spécialisation. Les trois praticiens ont été condamnés à 24 mois de prison, dont 12 mois fermes, pour homicide involontaire après le décès de Rebecca Dossou, survenu à la suite d’une césarienne en décembre 2025 au Centre hospitalier universitaire départemental de l’Ouémé.
La suspension des stages par les étudiants
La décision de justice avait suscité une vive réaction au sein des étudiants en médecine. Dans un communiqué rendu public le 12 mars 2026, l’Association des étudiants en médecine de Cotonou a annoncé la suspension jusqu’à nouvel ordre des activités de stage dans les structures hospitalières.
Dans cette déclaration, les étudiants ont expliqué que cette mesure visait avant tout à marquer leur solidarité avec leurs aînés, notamment les médecins en spécialisation confrontés aux exigences et aux responsabilités liées à leur formation.
« Cette décision vise à exprimer la solidarité des étudiants en médecine envers leurs aînés DES actuellement confrontés à des difficultés liées à l’apprentissage de leurs fonctions. Elle traduit également l’inquiétude des étudiants face aux risques auxquels ils sont exposés dans les structures hospitalières alors même qu’ils demeurent des apprenants en fonction et qu’aucun document officiel ne définit clairement leurs attributions », a déclaré Marc Aguewe, président du bureau de l’association et signataire du communiqué.
L’intervention de la Faculté des Sciences de la Santé
Face à cette situation, les autorités académiques ont rapidement réagi. Dans un communiqué daté du 13 mars 2026, le doyen de la Faculté des Sciences de la Santé de l’Université d’Abomey‑Calavi (FSS/UAC), le professeur Josué Avakoudjo, a ordonné la reprise immédiate des stages hospitaliers.
Cette décision visait à éviter une interruption prolongée de la formation pratique des étudiants en médecine, élément essentiel dans le cursus des futurs praticiens.
Une rencontre pour apaiser les tensions
C’est dans ce contexte marqué par les inquiétudes et les tensions dans le milieu hospitalier que le président Patrice Talon a choisi de rencontrer les représentants des professionnels de santé en formation.
Même si les détails des échanges n’ont pas encore été rendus publics, cette initiative apparaît comme une tentative d’apaisement et de dialogue entre les autorités et les acteurs du secteur médical.
La situation soulève notamment des questions sur le cadre juridique et les responsabilités des médecins en formation dans les structures hospitalières, ainsi que sur les conditions d’apprentissage et de supervision dans les établissements de santé.
Alors que les stages hospitaliers ont officiellement repris, la rencontre entre le chef de l’État et les représentants des professionnels de santé en formation pourrait ouvrir la voie à de nouvelles discussions sur l’organisation de la formation médicale et la clarification des responsabilités des praticiens en apprentissage au Bénin.

