Mexique : Mort d’« El Mencho », les dessous d’une opération militaire d’envergure
Le narcotrafiquant le plus recherché du Mexique et des États-Unis, Nemesio Oseguera Cervantes, alias « El Mencho », a été tué dimanche lors d’une opération de l’armée mexicaine dans l’État de Jalisco. À 59 ans, le fondateur du Cartel de Jalisco Nouvelle Génération (CJNG) échappait depuis plus d’une décennie aux autorités malgré une récompense de 15 millions de dollars promise par Washington pour sa capture.
L’intervention s’est déroulée dans la municipalité montagneuse de Tapalpa, à environ 130 km au sud de Guadalajara. Selon le ministère mexicain de la Défense, les services de renseignement ont localisé le chef du cartel après avoir suivi un proche d’une femme liée à lui. « El Mencho » séjournait dans un chalet entouré d’une escorte armée.
L’armée a déployé des forces spéciales terrestres et aériennes, appuyées par six hélicoptères. À l’arrivée des militaires, les gardes du corps ont ouvert le feu, déclenchant un affrontement d’une extrême violence. Huit membres du CJNG ont été abattus. Le trafiquant a tenté de fuir dans les sous-bois, mais a été touché par les tirs avec deux de ses hommes. Tous trois sont morts pendant leur évacuation.
Sur place, les forces mexicaines ont saisi un important arsenal, dont des fusils d’assaut et des lance-roquettes. Un hélicoptère militaire a d’ailleurs été endommagé par un tir de roquette, sans faire de victimes.
Coopération américaine et représailles meurtrières
L’opération a bénéficié d’un appui en renseignement des États-Unis, dans le cadre d’une coopération sécuritaire bilatérale. Washington a confirmé avoir fourni des informations ciblées, tout en soulignant que l’intervention avait été menée exclusivement par les forces mexicaines.
Parallèlement, un autre dirigeant du CJNG, Hugo « H », alias « El Tuli », considéré comme bras droit du chef du cartel, a été tué dans une opération distincte.
La mort d’« El Mencho » a déclenché une vague de violences. Des barrages routiers, des incendies de véhicules et des attaques coordonnées ont été signalés dans plusieurs États. Au total, au moins 25 membres des forces de sécurité ont été tués lors d’actions de représailles, tandis qu’une trentaine de criminels présumés ont également péri.
Les principales villes de Jalisco, dont Guadalajara et Puerto Vallarta, ont été paralysées pendant plusieurs heures. Des vols ont été annulés et des axes routiers bloqués par des véhicules incendiés.
Face à l’ampleur des violences, les autorités ont déployé des renforts militaires et appelé la population au calme. En soirée, la plupart des barrages avaient été levés et les activités reprenaient progressivement.
La disparition d’« El Mencho » constitue un coup majeur porté à l’un des cartels les plus puissants et violents du pays, mais soulève aussi des interrogations sur la succession au sein du CJNG et l’évolution du narcotrafic au Mexique.

