ONU: Diomaye Faye défend Macky Sall.
Invité de RFI et France 24 ce jeudi 24 septembre 2026, en marge de la 81e Assemblée générale des Nations Unies à New York, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a assumé le soutien de Dakar à la candidature de son prédécesseur Macky Sall au poste de secrétaire général de l’ONU. Il estime que les chances de l’ancien chef de l’État restent ouvertes et met en avant les enjeux de représentation de l’Afrique et de réforme de l’architecture financière internationale.
Le Sénégal maintient son soutien à la candidature de Macky Sall pour succéder à António Guterres à la tête des Nations Unies. Interrogé sur ce choix par RFI et France 24, Bassirou Diomaye Faye a rejeté les analyses qui présentent cette candidature comme ayant peu de chances d’aboutir.
« Je ne partage pas ce pessimisme sur la candidature de l’ancien président du Sénégal, Monsieur Macky Sall », a déclaré le chef de l’État sénégalais. Pour lui, l’issue de la course reste incertaine et aucune candidature ne peut être considérée comme acquise à ce stade.
« Les jeux restent ouverts »
Bassirou Diomaye Faye a notamment insisté sur le rôle des membres permanents du Conseil de sécurité dans le processus. « On ne sait pas encore ce que seront les votes des membres permanents du Conseil de sécurité. Les jeux restent ouverts », a-t-il expliqué.
Le président sénégalais assure que Dakar poursuit ses démarches diplomatiques afin de défendre la candidature de Macky Sall. « Nous sommes en train de faire le travail », a-t-il affirmé, précisant que le Sénégal discute avec les États appelés à participer à la décision.
Selon lui, les pronostics actuels ne permettent donc pas de préjuger de l’issue du processus. « De notre point de vue, nous sommes en train de discuter avec ceux qui votent, ceux qui tiennent la décision et j’estime, contrairement à ces prédictions, que les chances sont réelles », a-t-il soutenu.
La procédure prévoit que le secrétaire général des Nations Unies est nommé par l’Assemblée générale sur recommandation du Conseil de sécurité. Les cinq membres permanents de cet organe — Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie — disposent d’un droit de veto.
L’Afrique au cœur de l’argumentaire
Au-delà des considérations liées aux chances de Macky Sall, Bassirou Diomaye Faye a surtout défendu la dimension africaine de cette candidature.
« L’Afrique est sous-représentée », a-t-il déclaré, avant d’interroger : « Qui de mieux aujourd’hui pour défendre une meilleure place de l’Afrique que le président Macky Sall ? »
Pour le président sénégalais, l’expérience de l’ancien chef de l’État constitue un atout dans la défense des intérêts du continent au sein du système multilatéral.
Cette question de la représentation africaine intervient alors que le continent revendique depuis plusieurs années une réforme de la gouvernance mondiale, notamment du Conseil de sécurité des Nations Unies. La candidature de Macky Sall est ainsi présentée par Dakar comme pouvant s’inscrire dans cette dynamique.
La réforme de l’architecture financière internationale
L’autre argument avancé par Bassirou Diomaye Faye concerne les finances internationales. Le président sénégalais estime que Macky Sall possède une expérience directement liée aux difficultés rencontrées par les pays du Sud en matière de financement du développement et d’endettement.
« Qui de mieux pour défendre la réforme de l’architecture financière internationale que le président Macky Sall, qui a subi les affres de la dette qui l’ont plombé par rapport aux ambitions qu’il a eues et qu’il partage avec beaucoup de pays du tiers-monde ou du Sud ? », a-t-il déclaré.
Bassirou Diomaye Faye fait ainsi de la question de la dette et de l’accès au financement du développement un autre axe de justification du soutien sénégalais.
Pour le chef de l’État, cette expérience peut nourrir une réflexion plus large sur les difficultés financières auxquelles sont confrontés les pays en développement et sur la nécessité de faire évoluer les mécanismes internationaux de financement.
« C’est de notre devoir de le soutenir »
Le soutien à Macky Sall est enfin présenté par Bassirou Diomaye Faye comme une position liée à l’appartenance commune au Sénégal et à l’Afrique.
« Je pense que sur ce rapport-là, il est de notre devoir de le soutenir en tant que Sénégalais », a-t-il affirmé.
Le président sénégalais a ensuite élargi son propos à l’enjeu continental : « La place qui doit être celle de l’Afrique au sein de l’ONU ne peut être mieux défendue que par un Africain. »
À New York, le chef de l’État confirme ainsi que Dakar entend poursuivre sa campagne diplomatique en faveur de Macky Sall. Son argumentaire repose sur la défense d’une représentation accrue de l’Afrique aux Nations Unies, mais également sur la réforme de l’architecture financière internationale.
La candidature de l’ancien président sénégalais demeure soumise au processus de sélection des Nations Unies, dont l’issue dépendra notamment des consultations et de la recommandation du Conseil de sécurité avant une nomination par l’Assemblée générale.

