Au Parlement togolais, Djogbénou plaide pour un renforcement des relations Bénin-Togo
Devant les députés togolais, Joseph Djogbénou a insisté sur la nécessité d’une intégration plus poussée entre le Bénin et le Togo, dans un contexte marqué par des enjeux sécuritaires et économiques majeurs.
En visite au Togo, le président de l’Assemblée nationale du Bénin a appelé à une coopération renforcée entre les deux pays pour relever les défis communs de la sous-région. C’est dans une atmosphère empreinte d’émotion et de fraternité que Joseph Djogbénou a pris la parole devant le Parlement togolais, à l’occasion de la première session ordinaire de l’institution. Une intervention marquée par un appel fort à la consolidation des relations entre le Bénin et le Togo.
Dès l’entame de son discours, le président de l’Assemblée nationale du Bénin a exprimé sa reconnaissance pour l’accueil qui lui a été réservé, soulignant l’honneur fait à la représentation nationale béninoise. Il a également évoqué l’impulsion donnée par le président de la République, Patrice Talon, et les députés béninois pour répondre favorablement à cette invitation. Au cœur de son intervention, une idée forte : l’indissociabilité des deux nations. « Le Bénin et le Togo sont des jumeaux », a-t-il affirmé, mettant en avant les liens historiques, sociologiques et politiques qui unissent les deux pays. Pour lui, aucun développement durable ne saurait être envisagé de manière isolée dans la sous-région.
Une vision commune
Au-delà de cette fraternité historique, Joseph Djogbénou a insisté sur les enjeux majeurs auxquels font face les États ouest-africains. La sécurité, le développement économique et les défis internationaux figurent parmi les priorités évoquées. Il a notamment rappelé que la question sécuritaire ne peut être abordée de manière individuelle. « La sécurité est collective », a-t-il soutenu, plaidant pour une approche concertée entre les pays de la sous-région afin de garantir la stabilité et la démocratie.
Le président de l’Assemblée nationale du Bénin a également appelé à un renforcement de la diplomatie parlementaire, considérée comme un levier essentiel pour rapprocher les institutions et impulser des politiques communes. Dans cette dynamique, il a réaffirmé l’engagement du Parlement béninois à œuvrer pour une coopération plus étroite avec son homologue togolais.
Les questions internationales n’ont pas été en reste. Évoquant les conflits au Moyen-Orient, il a souligné leur impact direct sur les économies africaines, notamment en matière de commerce, d’énergie et de conditions de vie des populations. Une situation qui, selon lui, appelle à un engagement collectif en faveur de la paix. Plus largement, Joseph Djogbénou a invité les parlementaires africains à faire preuve d’ouverture et de solidarité, rappelant que les défis actuels nécessitent des réponses communes et responsables.
Ainsi, le président de l’Assemblée nationale du Bénin a réaffirmé sa disponibilité et celle de son institution à travailler aux côtés du Parlement togolais pour bâtir une coopération renforcée. Une démarche qui s’inscrit dans la volonté de consolider l’intégration sous-régionale et de promouvoir un développement partagé entre les peuples.
Discours du professeur Joseph Djogbénou devant le Parlement togolais
Monsieur le Président de l’Assemblée nationale du Togo,
Très chers frères,
Monsieur le Président du Sénat,
Messieurs les Présidents des Assemblées nationales ici présents,
Monsieur le Ministre,
Mesdames et Messieurs les députés à l’Assemblée nationale,
Vous imaginez l’émotion qui m’étreint, la joie qui m’anime de prendre la parole pour la première fois en ma qualité de député et de Président de l’Assemblée nationale du Bénin, devant vous, en ce lieu d’accueil qui est aussi le mien, celui de l’Assemblée nationale du Togo.
Je voudrais remercier le Président de l’Assemblée nationale de me faire l’honneur, à travers ma personne, d’associer la représentation nationale du Bénin à cette tribune, en me permettant de prendre part à la première session ordinaire de votre auguste Assemblée.
Pressé par le Président de la République, Patrice Talon, ainsi que par l’ensemble des députés à l’Assemblée nationale, de donner une suite favorable et enthousiaste à votre aimable invitation, je ne retiendrai que deux ou trois points essentiels.
La première chose, entre le Bénin et le Togo, est une question de gémellité. Nous sommes des jumeaux par l’histoire, par la sociologie et par la politique. Entre nos deux pays, il n’y a pas lieu de faire de distinction. Et nous étions impatients de le dire et de le réaffirmer : nous ne pouvons nous développer qu’ensemble.
Il ne peut y avoir de développement dans cette sous-région sans une implication forte du Bénin et du Togo. Nous pensons que le renforcement de nos relations, ainsi que la dynamique impulsée par nos institutions parlementaires, constituent une véritable chance pour l’Afrique de l’Ouest. L’Assemblée nationale du Bénin me charge de vous dire qu’elle est prête et engagée à approfondir cette relation et à renforcer cette diplomatie parlementaire entre nos deux pays.
Les sujets à traiter sont nombreux, et c’est le deuxième point. Les questions de sécurité dans notre sous-région, de développement économique, ainsi que les enjeux régionaux et internationaux nous préoccupent au plus haut point. C’est d’ailleurs pour cela que nous saluons le fait que l’Assemblée parlementaire de la Francophonie ait inscrit certaines de ces problématiques à son agenda.
Bien évidemment, la sécurité ne peut être envisagée de manière isolée, État par État. Elle est collective. Nous espérons que nos échanges permettront d’identifier des solutions nouvelles ou renouvelées afin que nos gouvernements puissent répondre à ce besoin fondamental qu’est la sécurité, condition essentielle de la liberté et de la démocratie.
S’agissant des questions de la sous-région ouest-africaine, il nous faut davantage faire preuve d’ouverture, d’écoute et de solidarité. Car, ici comme ailleurs, nous ne sommes rien d’autre que des Africains. Nous ne sommes pas distincts les uns des autres. C’est pourquoi la représentation nationale du Bénin, en collaboration avec celles de la sous-région, s’engage à œuvrer pour traiter ces questions avec dignité, responsabilité et sérieux.
Enfin, la question des conflits dans le monde, notamment au Proche et au Moyen-Orient, nous interpelle fortement. Ce ne sont pas des problématiques éloignées : elles impactent directement nos économies, notre commerce, et les conditions de vie de nos populations.
De ce point de vue, nous devons appeler à la paix. Car ce qui se passe dans ces régions du monde influence le quotidien de chaque Africain : le coût de la vie, l’accès à l’énergie, à l’eau, et même à l’alimentation. Il nous faut donc, ensemble, porter un message fort en faveur de la paix et de la cohésion.
Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,
Très chers frères,
Mesdames et Messieurs les députés,
C’est avec générosité et espérance que l’Assemblée nationale du Bénin se tient à vos côtés, et moi-même à votre disposition, pour œuvrer à l’émergence d’une diplomatie parlementaire renouvelée.
Je vous remercie.

