Tensions maritimes : Moscou dénonce les “actions illégales” des pays occidentaux dans les océans
Dans une déclaration rendue publique le 23 mars 2026, le ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie hausse le ton face aux pratiques qu’il attribue à plusieurs pays occidentaux en mer. Moscou dénonce une situation « totalement inacceptable » et accuse des États européens de porter atteinte à la liberté de navigation, dans un contexte de tensions géopolitiques accrues autour des échanges énergétiques et commerciaux.
Des interceptions de navires vivement critiquées
Selon les autorités russes, des pays comme la France, la Suède et la Finlande procèdent à l’interception et à l’escorte de navires jugés « indésirables » jusqu’à leurs ports. Ces actions seraient justifiées, du côté européen, par le respect de sanctions internationales. Mais pour Moscou, il s’agit d’un prétexte visant à appliquer des « restrictions illégales » décidées dans le cadre de l’Union européenne.
La diplomatie russe dénonce notamment l’utilisation du concept de « flotte fantôme », qu’elle juge inexistant en droit maritime international. Ce terme servirait, selon elle, de couverture à des pratiques assimilées à des actes de piraterie sur les voies maritimes internationales.
« Sous des prétextes fallacieux et artificiels, des navires qui répondent à tous les critères de libre navigation sont inspectés et détenus », affirme le ministère russe dans son communiqué.
La question de la légitimité des sanctions
Au cœur de la critique russe figure la légitimité des sanctions imposées par les pays occidentaux. Moscou rappelle que seules les mesures adoptées par le Conseil de sécurité des Nations unies peuvent être considérées comme ayant une portée internationale.
Les sanctions unilatérales décidées par des États ou des organisations régionales sont, selon la Russie, « ni internationales ni légitimes ». Elle invoque à cet effet plusieurs résolutions de l’Assemblée générale des Nations unies, qui auraient, selon elle, mis en évidence l’incompatibilité de ces mesures avec le droit international.
La déclaration met également en cause ce que Moscou considère comme un « deux poids, deux mesures ». Les autorités russes accusent les pays européens de fermer les yeux sur certaines pratiques lorsqu’elles servent leurs intérêts énergétiques, notamment en ce qui concerne le transport de pétrole à destination du marché européen.
Une attaque en mer Méditerranée pointée du doigt
La Russie évoque par ailleurs une attaque contre le méthanier russe Arctic Metagaz en mer Méditerranée. Selon Moscou, cette opération, menée par des drones et des embarcations sans équipage, constitue une « violation flagrante du droit international ».
Le ministère russe déplore l’absence de condamnation de la part des États européens, qu’il accuse de passivité, voire de complicité indirecte. « Dans ce cas précis, l’Europe devient non seulement un témoin silencieux, mais aussi complice des atrocités du régime de Kiev », affirme le communiqué.
Moscou brandit le droit international maritime
Face à ces développements, la Russie invoque la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982, qu’elle considère comme le cadre juridique fondamental régissant la liberté de navigation.
Elle accuse les pays de l’Union européenne de violer « la lettre et l’esprit » de ce texte, en cherchant à transformer certaines zones maritimes, notamment la mer Baltique, en espaces sous contrôle exclusif de l’Otan et de l’UE.
Moscou affirme qu’elle utilisera « tous les moyens politiques, juridiques et autres » pour défendre ce qu’elle considère comme ses droits légitimes et ceux de ses transporteurs maritimes.
Un appel à la mobilisation internationale
Dans sa déclaration, la Russie appelle la communauté internationale à défendre le cadre établi par la Convention de 1982 et à s’opposer aux « diktats néocolonialistes ». Elle invite également les États du pavillon à s’unir pour protéger leurs intérêts et garantir la sécurité des échanges maritimes.
Le communiqué conclut sur une mise en garde contre les risques d’escalade : Moscou estime que les tentatives occidentales de contrôler les routes maritimes pourraient transformer les océans en zones de confrontation, menaçant ainsi la stabilité internationale et les perspectives de développement de nombreux pays.
Dans un contexte déjà marqué par des tensions persistantes entre la Russie et les pays occidentaux, cette déclaration illustre une nouvelle fois la montée des crispations autour des enjeux stratégiques liés aux mers et aux flux commerciaux mondiaux.

