Suite aux échanges avec Talon : Voici le communiqué des étudiants en médecine générale au Bénin

Suite aux échanges avec Talon : Voici le communiqué des étudiants en médecine générale au Bénin

Objet : Information sur le mouvement de solidarité des médecins en spécialisation au Bénin

Le collectif des D.E.S des facultés de médecine de Cotonou et de Parakou du Bénin souhaite informer l’opinion publique nationale des raisons ayant conduit les étudiants en spécialisation médicale à prendre la décision de se tenir loin de leurs lieux de stage hospitaliers.

Le 11 mars 2026, une décision de justice a conduit à la condamnation et à l’incarcération de deux de nos collègues impliqués dans un dossier lié à l’exercice de leurs activités hospitalières dans le cadre de leur formation. Ces derniers exerçaient dans le cadre de leur formation hospitalière et dans un système de soins organisé selon un principe de responsabilité hiérarchisé.

Cette situation a profondément suscité l’inquiétude et l’indignation au sein de la communauté des étudiants. Face à cela, et afin d’exprimer leur préoccupation ainsi que leur solidarité envers leurs collègues actuellement en détention, les étudiants ont entamé, à partir du 12 mars 2026, un mouvement de solidarité des médecins en spécialisation consistant en un arrêt des stages.

Ces étudiants, inscrits dans les Diplômes d’Études Spécialisées (DES), constituent une composante essentielle du fonctionnement quotidien des hôpitaux. Dans le cadre de leur formation, ils participent aux activités de diagnostic, de soins et de garde sous la supervision de praticiens seniors. Leur présence contribue au maintien de la continuité des services hospitaliers, dans un contexte marqué par un manque de ressources humaines, matérielles et organisationnelles.

Cependant, il est important de rappeler que ces étudiants en spécialisation sont avant tout des apprenants. À ce titre, leurs activités s’inscrivent dans un cadre pédagogique qui suppose une supervision effective et une responsabilité hiérarchisée clairement définie.

La situation actuelle met en lumière un problème structurel majeur : l’absence d’un statut clair et protecteur pour les étudiants en spécialisation médicale.

En effet, malgré les responsabilités importantes qui leur sont confiées dans les services hospitaliers, ils ne disposent pas :

– d’un statut juridique clairement défini ;

– d’un cadre précis de responsabilité professionnelle ;

– de garanties institutionnelles adaptées à leur situation de formation.

Ce vide institutionnel expose les étudiants en spécialisation à des situations dans lesquelles ils peuvent être tenus pour responsables d’événements survenus dans un cadre de travail qui relève pourtant d’une organisation hiérarchisée impliquant les praticiens superviseurs et les structures hospitalières.

Les étudiants en médecine générale, qui constituent également une composante essentielle de la formation médicale et du fonctionnement des services hospitaliers, partagent les mêmes préoccupations quant aux conditions de formation et à l’avenir du système de santé. À ce titre, les préoccupations exprimées aujourd’hui dépassent un groupe particulier et concernent l’ensemble des futurs professionnels appelés à servir dans les hôpitaux et les laboratoires du pays.

Cette mobilisation ne vise pas à compromettre la continuité des soins mais au contraire à défendre un principe essentiel : la sécurité du patient commence par un cadre clair, juste et responsable pour tous les acteurs de santé.

Les étudiants réaffirment leur attachement à la qualité des soins et à la sécurité des patients. Ils appellent à l’ouverture d’un dialogue constructif avec les autorités compétentes afin de travailler à :

– trouver des voies de recours légal permettant de restaurer la sérénité des collègues incarcérés, en tenant compte de leur statut d’apprenants;

– la clarification du statut des étudiants en santé sur les lieux de stage;

– l’amélioration des conditions de formation hospitalière;

– le renforcement des mécanismes de supervision médicale;

– la mise en place d’un cadre de responsabilité adapté.

Les étudiants restent disponibles pour contribuer, aux côtés des autorités sanitaires et universitaires, à la recherche de solutions durables pour un système de santé amélioré.

Ils invitent également l’opinion publique à comprendre que les difficultés rencontrées dans les hôpitaux dépassent les responsabilités individuelles et s’inscrivent dans des défis structurels qui nécessitent une réponse institutionnelle et collective.

Fait à Cotonou, le 13 Mars 2026

Collectif des D.E.S et Etudiants En Médecine Générale Au Bénin

portailinfo

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *