Détroit d’Ormuz : Trump réclame l’aide de ses alliés, l’Iran menace
Au cœur de la confrontation entre Washington et Téhéran, le détroit d’Ormuz devient un enjeu stratégique majeur. Le président américain Donald Trump appelle les pays dépendants du pétrole du Golfe à participer à la sécurisation de cette voie maritime, tandis que l’Iran réclame l’expulsion des forces américaines de la région.
La crise au Moyen-Orient s’intensifie autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite une part importante du pétrole mondial. Face aux tensions croissantes dans la zone, le président des États-Unis, Donald Trump, a exhorté les pays qui dépendent de cette route maritime à participer à sa sécurisation aux côtés de Washington.
Dans un message publié sur la plateforme Truth Social, le dirigeant américain a estimé que les États bénéficiant du pétrole transporté par ce passage doivent assumer une part de la responsabilité dans la protection de la navigation.
« Les États-Unis d’Amérique ont vaincu et complètement anéanti l’Iran, tant sur le plan militaire qu’économique et à tous les autres égards, mais les pays du monde qui s’approvisionnent en pétrole via le détroit d’Ormuz doivent veiller à la sécurité de ce passage, et nous les aiderons », a écrit Donald Trump.
Pressions sur les alliés occidentaux
Le président américain a également laissé entendre que la réaction des alliés pourrait avoir des conséquences sur l’avenir de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord. Dans une interview accordée au Financial Times, il a averti que l’absence de soutien dans la sécurisation du détroit pourrait peser sur les relations au sein de l’alliance.
« S’il n’y a pas de réponse ou si la réponse est négative, je pense que ce sera très mauvais pour l’avenir de l’OTAN », a-t-il déclaré.
Le détroit d’Ormuz, situé entre l’Iran et le sultanat d’Oman, constitue l’une des routes maritimes les plus stratégiques au monde. Environ un cinquième des exportations mondiales de pétrole y transite, ce qui en fait un point névralgique pour l’approvisionnement énergétique mondial.
Des alliés prudents
Certains partenaires des États-Unis ont toutefois affiché leur prudence face à l’appel de Washington.
En Australie, la ministre des Transports Catherine King a déclaré que son pays n’envisageait pas d’envoyer de navire de guerre dans la zone.
« Nous n’enverrons pas de navire dans le détroit d’Ormuz. Nous savons à quel point c’est extrêmement important, mais ce n’est pas quelque chose qui nous a été demandé ni à quoi nous contribuons », a-t-elle affirmé sur la chaîne nationale ABC.
Même prudence du côté du Japon. Devant le Parlement, le ministre japonais de la Défense, Shinjiro Koizumi, a indiqué que Tokyo n’envisageait pas pour l’instant de lancer une opération de sécurité maritime dans la zone.
L’Iran hausse le ton
Face aux appels américains, les autorités iraniennes maintiennent une position ferme. Téhéran met en garde contre toute implication d’autres pays dans le conflit et continue d’exiger le départ des forces américaines de la région.
Le général Ebrahim Jabari, commandant au sein du Corps des gardiens de la révolution islamique, avait averti le 2 mars que le détroit d’Ormuz pourrait être fermé à la navigation en réponse aux actions militaires menées contre l’Iran.
Quelques jours plus tard, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a toutefois indiqué que la voie maritime n’était pas officiellement fermée, tout en reconnaissant que de nombreux navires évitent désormais la zone par crainte d’attaques.
Dans un message publié sur le réseau social X, le chef de la diplomatie iranienne a également affirmé que son pays poursuivrait les combats jusqu’à ce que Washington reconnaisse son erreur.
« Nos puissantes forces armées continueront de tirer jusqu’à ce que le président américain comprenne que la guerre illégale qu’il impose aux Américains et aux Iraniens est injuste et ne doit jamais se reproduire », a écrit Abbas Araghchi.
Dans une interview accordée à la chaîne américaine CBS News, le diplomate iranien a par ailleurs assuré que Téhéran ne voyait « aucune raison » d’entamer des discussions avec Washington à ce stade.
Un point de tension majeur
Avec l’intensification des affrontements et les menaces pesant sur la navigation, le détroit d’Ormuz s’impose désormais comme l’un des principaux points de tension de la crise au Moyen-Orient.
Toute perturbation durable dans cette zone stratégique pourrait avoir des conséquences majeures sur le marché mondial de l’énergie et sur l’équilibre géopolitique de la région.

