Côte d’Ivoire : Quatre responsables de la jeunesse scolaire et universitaire du Pdci condamnés, puis libérés
En Côte d’Ivoire, la justice a condamné vendredi 13 mars quatre responsables de la jeunesse scolaire et universitaire du Parti démocratique de Côte d’Ivoire – Rassemblement démocratique africain (Pdci-Rda). Arrêtés en juillet 2025 dans un contexte politique tendu à l’approche de la présidentielle, ils ont écopé d’un an de prison dont quatre mois avec sursis, avant d’être remis en liberté dans la soirée après avoir purgé leur peine ferme en détention provisoire.
Le tribunal d’Abidjan a rendu son verdict vendredi 13 mars dans l’affaire impliquant quatre responsables de la jeunesse scolaire et universitaire du PDCI-RDA. Les prévenus Henri-Joël Ndri-Kouadio, Emmanuelli Blé, Jean-Paul Djabia et Jean-Philippe Attoh — ont été condamnés à un an d’emprisonnement dont quatre mois assortis de sursis pour trouble à l’ordre public et provocation à la commission de troubles à l’ordre public.
Les quatre hommes ont toutefois été libérés quelques heures après l’énoncé du jugement, ayant déjà purgé la totalité de leur peine ferme en détention provisoire depuis leur arrestation en juillet 2025.
Une affaire liée à une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux
L’affaire trouve son origine dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, dans laquelle les jeunes responsables du parti d’opposition appelaient les militants à « rester mobilisés ». Sur les images, Henri-Joël Ndri-Kouadio, président de la jeunesse scolaire et universitaire du parti, lançait notamment un message invitant les sympathisants à attendre les prochaines consignes du mouvement.
Pour les autorités judiciaires, cet appel intervenait dans un contexte politique sensible, quatre mois avant l’élection présidentielle ivoirienne de 2025, et pouvait être interprété comme une incitation à des troubles à l’ordre public.
Les quatre responsables avaient alors été interpellés puis placés sous mandat de dépôt par le parquet d’Abidjan, déclenchant une vague de réactions dans les rangs de l’opposition.
Des arrestations dénoncées par l’opposition
À l’époque, le PDCI-RDA et plusieurs formations politiques de l’opposition avaient dénoncé ce qu’ils considéraient comme des arrestations visant à intimider la jeunesse militante du parti à l’approche du scrutin présidentiel. Plusieurs responsables politiques avaient également évoqué un climat de tension politique marqué par des procédures judiciaires visant des cadres de l’opposition.
Le dossier avait ainsi alimenté le débat sur l’environnement politique en Côte d’Ivoire, alors que la campagne électorale se profilait et que les tensions entre pouvoir et opposition restaient vives.
Une libération après huit mois de détention
Avec la décision rendue vendredi, la justice a finalement reconnu les faits reprochés aux jeunes responsables du PDCI, tout en tenant compte du temps déjà passé en détention.
La peine prononcée — un an de prison dont quatre mois avec sursis — signifie que la durée ferme de huit mois avait déjà été purgée par les prévenus durant leur détention provisoire. Cette situation a permis leur libération immédiate après le procès.
La remise en liberté des quatre responsables marque ainsi l’épilogue judiciaire d’une affaire qui avait suscité une forte attention dans le paysage politique ivoirien.
Elle intervient dans un contexte où les relations entre pouvoir et opposition restent régulièrement marquées par des tensions, notamment autour des questions électorales et de la participation des partis politiques aux scrutins.

