Conflit au Moyen-Orient : Le nouveau guide suprême iranien appelle à maintenir fermé le détroit d’Ormuz

Conflit au Moyen-Orient : Le nouveau guide suprême iranien appelle à maintenir fermé le détroit d’Ormuz

Treize jours après le début de la guerre opposant l’Iran aux États-Unis et à Israël, le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a appelé à poursuivre le blocage du détroit d’Ormuz, qu’il considère comme un levier stratégique face à ses adversaires. Cette déclaration intervient alors que les combats s’intensifient dans plusieurs villes de la région et que les marchés pétroliers subissent déjà les conséquences du conflit.

Dans un message diffusé jeudi 12 mars par la télévision d’État iranienne, Mojtaba Khamenei a pris la parole pour la première fois depuis son accession à la tête de la République islamique. Dans cette déclaration, le nouveau guide suprême a affirmé que le blocage du détroit d’Ormuz devait continuer à être utilisé comme moyen de pression contre Israël et les États-Unis.

Selon lui, cette voie maritime stratégique constitue un outil essentiel dans la confrontation en cours. « Le blocage du détroit d’Ormuz doit certainement continuer à être utilisé comme levier contre Israël et les États-Unis », a-t-il déclaré dans ce message adressé à la nation.

Cette prise de position intervient au moment où le conflit, déclenché le 28 février, entre l’Iran d’une part et les États-Unis et Israël d’autre part, entre dans sa deuxième semaine avec une intensification des opérations militaires dans plusieurs zones du Moyen-Orient.

Un passage maritime au cœur des tensions

Depuis plusieurs jours, la zone du détroit d’Ormuz concentre une grande partie des inquiétudes internationales. Ce corridor maritime, situé entre l’Iran et la péninsule arabique, constitue l’un des principaux axes de transit du pétrole mondial.

Au moins trois navires auraient été touchés mercredi à proximité de ce passage stratégique, alimentant les craintes d’une perturbation durable du commerce maritime et des approvisionnements énergétiques internationaux.

Dans le même temps, les frappes et les affrontements armés continuent de s’étendre dans plusieurs villes du Moyen-Orient. Des explosions ont été signalées notamment à Jérusalem, Dubaï et Téhéran, illustrant l’ampleur géographique prise par le conflit.

Les conséquences humanitaires commencent également à se faire sentir. Selon le Haut‑Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, près de 3,2 millions de personnes ont déjà été contraintes de quitter leur domicile à l’intérieur de l’Iran depuis le début de la guerre. Ces déplacements massifs témoignent de la pression exercée sur la population civile par l’intensification des bombardements et des combats.

Le marché pétrolier sous pression

La crise militaire a également des répercussions immédiates sur les marchés énergétiques mondiaux. Face au risque de flambée des prix du pétrole, l’Agence internationale de l’énergie a annoncé le déblocage prochain de 400 millions de barils issus des réserves stratégiques détenues par plusieurs pays membres.

Cette mesure vise à compenser d’éventuelles perturbations de l’approvisionnement en pétrole et à limiter la hausse des prix liée à la guerre.

De son côté, l’administration du président Donald Trump a fait savoir que les États-Unis allaient également puiser dans leurs propres réserves stratégiques. Washington prévoit de libérer environ 172 millions de barils afin d’alimenter le marché et d’atténuer la pression sur les prix.

Malgré ces initiatives, les tensions persistantes dans la région continuent d’alimenter l’inquiétude des marchés. Jeudi 12 mars, le prix du baril de pétrole a franchi de nouveau la barre symbolique des 100 dollars. Le Brent, référence internationale du brut, a atteint 100,50 dollars, signe de la nervosité des investisseurs face à l’évolution de la situation au Moyen-Orient.

Une guerre aux répercussions mondiales

L’importance stratégique du détroit d’Ormuz explique en grande partie les inquiétudes suscitées par les déclarations du guide suprême iranien. Une part significative du commerce mondial de pétrole transite par ce passage maritime, ce qui en fait un point névralgique de l’économie mondiale.

Toute perturbation durable du trafic maritime dans cette zone pourrait entraîner des conséquences majeures pour les marchés énergétiques et pour l’économie internationale.

Alors que les opérations militaires se poursuivent et que les tensions diplomatiques restent vives, les regards se tournent désormais vers les prochaines décisions de Téhéran et de ses adversaires, dans un conflit qui continue de faire peser une incertitude croissante sur la stabilité de toute la région.

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