Trois soldats américains tués en Iran, le porte-avions USS Abraham Lincoln ciblé

Trois soldats américains tués en Iran, le porte-avions USS Abraham Lincoln ciblé

L’escalade militaire entre Israël, les États-Unis et l’Iran a franchi un nouveau seuil ce week-end. Trois soldats américains ont été tués et cinq autres grièvement blessés lors d’une opération menée samedi en territoire iranien, a annoncé le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient. Dans le même temps, le porte-avions USS Abraham Lincoln aurait été pris pour cible lors des représailles iraniennes, selon des sources concordantes dans la région.

Une offensive d’ampleur contre Téhéran

Les frappes ont été conduites samedi 28 février et dimanche 1er mars contre des cibles stratégiques à Téhéran par Israël et les États-Unis. Depuis la Floride, le président américain Donald Trump a affirmé que le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, avait été tué lors de l’opération. L’annonce a ensuite été confirmée par la télévision d’État iranienne.

Dans la foulée, les autorités iraniennes ont décrété quarante jours de deuil national ainsi qu’une semaine de congés officiels. Selon l’armée israélienne, près de quarante hauts responsables militaires iraniens auraient été éliminés au cours des frappes, parmi lesquels plusieurs figures clés de l’appareil sécuritaire.

La télévision iranienne a notamment confirmé la mort du chef d’état-major Abdolrahim Moussavi, du commandant des Gardiens de la Révolution Mohammad Pakpour, du responsable du renseignement de la police Gholamreza Rezaian et d’Ali Shamkhani, conseiller du Guide suprême. Ces responsables auraient été tués lors d’une réunion du Conseil de défense à Téhéran.

Téhéran promet une riposte « féroce »

Quelques heures après l’annonce du décès d’Ali Khamenei, les Gardiens de la Révolution ont promis une riposte d’une ampleur inédite. La télévision d’État iranienne a indiqué que vingt-sept bases américaines dans la région figuraient parmi les cibles désignées, ainsi que le quartier général de l’armée israélienne et un complexe industriel de défense à Tel-Aviv.

Dans le Golfe, plusieurs pays ont signalé des impacts. Aux Émirats arabes unis, au moins trois personnes ont été tuées et 58 blessées. Les autorités émiraties affirment avoir détecté 165 missiles balistiques et intercepté la majorité d’entre eux, ainsi que plus de 500 drones sur les 541 signalés.

Au Koweït, une frappe aurait fait un mort et 32 blessés. À Manama, un hôtel a été touché, causant plusieurs blessés. L’ambassade américaine a recommandé à ses ressortissants d’éviter certaines infrastructures, évoquant un risque accru d’attaques.

Tous les aéroports de la côte persique ont été temporairement fermés. Les ministres des Affaires étrangères des monarchies du Golfe doivent se réunir par visioconférence pour coordonner une réponse commune.

Transition politique à Téhéran

Après la disparition d’Ali Khamenei, un triumvirat provisoire a été annoncé pour assurer la transition. Il regroupe le président Massoud Pezeshkian, le chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejeï et un juriste du Conseil des gardiens de la Constitution. Les autorités iraniennes ont affirmé vouloir préserver la stabilité institutionnelle malgré la crise.

Mobilisation israélienne et appels à la désescalade

L’armée israélienne a annoncé la mobilisation prochaine de 100 000 réservistes afin de renforcer son dispositif sur différents fronts. Des renforts ont déjà été déployés aux frontières et dans plusieurs zones stratégiques.

De son côté, le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi, a appelé à un cessez-le-feu et à la reprise du dialogue. Lors d’un échange avec son homologue iranien Abbas Araghchi, il a plaidé pour une désescalade rapide. Téhéran a indiqué être ouvert à toute initiative susceptible de restaurer la stabilité régionale.

En Europe, le chancelier allemand Friedrich Merz a estimé que la mort du Guide suprême faisait entrer l’Iran dans une période « d’avenir incertain », tout en exhortant les autorités iraniennes à cesser leurs frappes.

Washington sous pression

Dimanche, Donald Trump a affirmé que « 48 dirigeants » iraniens avaient été tués depuis le début des opérations, évoquant une avancée rapide de l’offensive. Il a également déclaré être disposé à s’entretenir avec les dirigeants iraniens, sans préciser ni calendrier ni interlocuteurs.

L’annonce de la mort de trois soldats américains marque toutefois un tournant pour Washington. Le commandement américain pour le Moyen-Orient a confirmé les pertes, survenues lors d’opérations terrestres en Iran. La prise pour cible du porte-avions USS Abraham Lincoln illustre, quant à elle, l’extension possible du conflit aux espaces maritimes stratégiques.

Alors que les frappes et contre-frappes se poursuivent, la crainte d’un embrasement régional grandit. Les appels à la retenue se multiplient, mais sur le terrain, la dynamique militaire semble désormais difficile à contenir.

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