Départ du gouvernement : Jean-Michel Abimbola, « La fonction se retire, mais l’engagement demeure »

Départ du gouvernement : Jean-Michel Abimbola, « La fonction se retire, mais l’engagement demeure »

Quelques heures après son départ du gouvernement, l’ancien ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Jean-Michel Abimbola, a publié une déclaration dense et solennelle intitulée « Le devoir de continuité ». Dans ce texte à forte portée politique et symbolique, il insiste sur la permanence de son engagement au service de l’État, malgré la fin de ses fonctions ministérielles.

« Il est des moments où l’on quitte une charge sans jamais renoncer aux idéaux », écrit-il d’emblée, donnant le ton d’un message qui se veut à la fois introspectif, institutionnel et tourné vers l’avenir.

Un départ présenté comme une transition républicaine

L’ancien ministre décrit son retrait du gouvernement non comme une rupture, mais comme une évolution normale dans la vie des institutions. « Mon départ (…) n’est pas un renoncement. Il constitue un moment institutionnel, une respiration naturelle de la République », affirme-t-il.

Dans cette perspective, il rappelle que l’action publique dépasse les fonctions individuelles : « Servir l’État n’est pas nécessairement occuper une fonction : c’est surtout porter une vision. » Pour lui, la circulation des responsabilités est inhérente à un État solide, tandis que la fidélité à la mission demeure.

Il rend également hommage au chef de l’État, Patrice Talon, dont il salue la stratégie de transformation du pays. Son action ministérielle, explique-t-il, s’inscrivait dans une vision globale dépassant les trajectoires personnelles.

Revendiquer un rôle d’exécutant de la vision présidentielle

Jean-Michel Abimbola affirme avoir été « ce bras déterminé » chargé de traduire les ambitions gouvernementales en politiques concrètes. « Transformer l’ambition en actes, les principes en programmes, les promesses en résultats : telle fut la discipline constante de mon engagement », écrit-il.

Il insiste sur la dimension méthodique de l’action publique, évoquant la rigueur administrative, la coordination des acteurs et la mobilisation des partenaires comme conditions indispensables d’une transformation durable.

Selon lui, le tourisme, la culture et les arts ont cessé d’être des secteurs périphériques pour devenir des leviers stratégiques de développement et de souveraineté.

Culture et patrimoine au cœur du repositionnement du Bénin

L’ancien ministre dresse un bilan détaillé des initiatives menées sous sa responsabilité. Il évoque notamment le retour de biens culturels historiques, la restauration des palais royaux, la création de musées et la structuration des industries créatives.

« Affirmer notre identité culturelle n’était pas seulement un geste esthétique : c’était un acte fondateur », souligne-t-il, estimant que la valorisation du patrimoine national constitue un moteur économique et symbolique.

Il insiste également sur l’intégration des traditions dans les politiques publiques : « La dynamique engagée n’a jamais opposé modernité et tradition ; elle les a articulées. »

La « Destination Bénin » érigée en projet national

Au cœur de sa déclaration figure la volonté d’avoir transformé l’image internationale du pays. Jean-Michel Abimbola estime que le Bénin est devenu une destination touristique crédible et attractive, soutenue par des investissements publics et privés.

Il cite la valorisation de sites emblématiques comme Ganvié, le développement d’infrastructures hôtelières modernes et l’organisation d’événements culturels majeurs, notamment autour des traditions vodun.

Selon lui, ces réalisations « ne sont pas des trophées ; elles sont des fondations », destinées à soutenir une transformation profonde de l’économie et de l’imaginaire collectif.

Hommage aux acteurs et aux partenaires

Dans un passage particulièrement appuyé, l’ancien ministre rend hommage aux équipes techniques, aux artistes, aux opérateurs culturels, aux autorités traditionnelles et aux partenaires internationaux qui ont contribué à ces avancées.

« Leur engagement a donné chair à l’ambition et profondeur à l’action », écrit-il, soulignant le caractère collectif de l’œuvre accomplie.

Cap sur l’Assemblée nationale

Désormais appelé à siéger au Parlement, Jean-Michel Abimbola affirme vouloir poursuivre le même combat sur un autre terrain. « La Représentation nationale sera un espace de consolidation normative et d’amplification des réformes engagées », assure-t-il.

Il insiste sur la continuité de son engagement politique, affirmant que ses convictions « ne chercheront ni repos ni transition » mais « trouveront de nouveaux relais ».

Une vision à long terme

L’ancien ministre situe son action dans le cadre d’une perspective stratégique de long terme, évoquant la vision nationale « Bénin 2060 ALAFIA ». Pour lui, cette orientation constitue « une boussole », destinée à guider durablement l’action publique.

Citant Nelson Mandela, il conclut en soulignant que la valeur d’une vie politique se mesure à l’impact laissé sur la société : « Ce qui compte (…) c’est la différence que nous avons faite dans la vie des autres. »

Une déclaration entre bilan et projection

Au terme de ce message, Jean-Michel Abimbola remercie le président de la République, ses collègues du gouvernement notamment José Tonato et Romuald Wadagni, ainsi que ses collaborateurs et sa famille.

Plus qu’un simple discours d’au revoir, sa prise de parole apparaît comme une profession de foi politique : celle d’un responsable public qui affirme que la fin d’une fonction ne marque pas la fin de l’engagement.

« L’œuvre nous dépasse », conclut-il, estimant que les transformations engagées appartiennent désormais « à la mémoire en construction de notre peuple et à l’espérance de nos enfants ».

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