Niger : Human Rights Watch accuse une frappe de drone ayant fait 17 morts civils à Kokoloko
Une frappe aérienne survenue le 6 janvier 2026 à Kokoloko, localité située dans l’ouest du Niger, près de la frontière avec le Burkina Faso, aurait coûté la vie à au moins 17 civils, dont quatre enfants. C’est ce qu’affirme l’organisation non gouvernementale Human Rights Watch (HRW) dans un communiqué rendu public le 9 février.
Selon l’ONG internationale de défense des droits humains, l’attaque aurait été « apparemment exécutée par un drone militaire nigérien ». La frappe aurait visé un marché particulièrement fréquenté au moment des faits, provoquant également des blessures chez au moins 13 autres personnes.
Dans son communiqué, Human Rights Watch indique avoir mené des investigations reposant notamment sur des témoignages de résidents, des analyses d’images et des informations recueillies sur le terrain. L’organisation souligne que les victimes étaient des civils et qu’aucune cible militaire n’aurait été identifiée sur le site au moment de la frappe.
« Une frappe apparemment exécutée par un drone militaire nigérien a tué au moins 17 civils, dont quatre enfants, et en a blessé au moins 13 autres sur un marché bondé », précise HRW, qui estime que cette opération constitue une violation du droit international humanitaire, communément appelé droit de la guerre.
L’ONG rappelle que, même dans le cadre des opérations de lutte contre les groupes armés, les forces engagées sont tenues de respecter les principes fondamentaux de distinction, de proportionnalité et de précaution. Toute attaque visant des civils ou menée sans discrimination pourrait engager la responsabilité des autorités concernées.
À ce stade, les autorités nigériennes ne se sont pas publiquement exprimées sur ces accusations. Human Rights Watch appelle toutefois à l’ouverture d’une enquête indépendante, transparente et impartiale afin d’établir les responsabilités et de garantir justice aux victimes et à leurs familles.
Depuis plusieurs années, l’ouest du Niger est le théâtre d’opérations militaires régulières dans le cadre de la lutte contre les groupes armés actifs dans la zone des trois frontières, à cheval entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso. Le recours aux drones par les forces armées s’est intensifié dans ce contexte sécuritaire marqué par des attaques récurrentes.
Human Rights Watch exhorte enfin les autorités nigériennes à renforcer les mécanismes de protection des populations civiles et à veiller au strict respect du droit international humanitaire lors des opérations militaires.

