IPC 2025 : l’Afrique subsaharienne toujours en tête des niveaux de corruption dans le secteur public
Berlin, 10 février 2026 – Selon le rapport 2025 de l’Indice de perception de la corruption (IPC) publié par Transparency International, la corruption dans le secteur public demeure particulièrement élevée à travers le monde, plaçant la région de l’Afrique subsaharienne au premier rang des zones les plus touchées. L’étude, qui évalue la perception de la corruption dans 182 pays et territoires, met en lumière une situation préoccupante tant sur le plan régional que global.
Un constat alarmant pour l’Afrique subsaharienne
L’édition 2025 de l’IPC révèle que l’Afrique subsaharienne est la région la moins performante en matière de lutte contre la corruption. Avec une moyenne de seulement 32 points sur 100, seuls 4 des 49 pays de la sous-région dépassent la barre des 50 points – seuil souvent associé à une perception moins forte de la corruption dans le secteur public. Cette situation place l’ensemble de la région en queue de peloton au niveau mondial.
Le rapport note également que dix des pays de la région ont vu leur score se détériorer de façon significative depuis 2012, tandis que seulement sept ont enregistré une amélioration sur la même période. Cette tendance illustre selon les auteurs du rapport que les efforts actuels de lutte contre la corruption restent insuffisants et que les systèmes de contrôle restent fragiles.
Les extrêmes : Seychelles au meilleur niveau, pays en crise au plus bas
Parmi les pays de la sous-région, les Seychelles se distinguent comme le mieux classé, avec un score de 68 points, bien que des inquiétudes subsistent quant à l’efficacité de ses mécanismes anti-corruption. Avec 62 points, le Cabo Verde arrive ensuite, suivi du Botswana et du Rwanda, chacun avec 58 points, montrant une performance relative mais toujours en deçà des standards internationaux.
A l’opposé, certains pays affichent des scores très faibles. Le Soudan obtient 14 points, l’Érythrée 13, et la Somalie et le Soudan du Sud seulement 9 points chacun – plaçant ces pays parmi les plus mal classés au monde selon l’IPC 2025.
Impact sur les populations et recommandations pour l’avenir
Le communiqué de Transparency International souligne que la corruption dans la gestion des fonds publics affecte particulièrement les populations les plus vulnérables, entravant l’accès aux services essentiels tels que l’eau, l’électricité et la santé, et envenimant les inégalités sociales.
Dans ce contexte, l’organisation appelle les gouvernements africains à traduire leurs engagements en actions concrètes. Elle recommande notamment le renforcement des institutions chargées de la responsabilité, l’amélioration de la transparence, ainsi que la protection de l’espace civique et de la participation citoyenne comme leviers essentiels pour combattre la corruption.
Un phénomène global aux multiples implications
Bien que le rapport mette l’accent sur l’Afrique subsaharienne, l’Indice de perception de la corruption 2025 signale une dynamique plus vaste : l’étude montre une tendance mondiale à la stagnation ou à la détérioration des scores, y compris dans des démocraties établies. Selon une autre synthèse du rapport, la moyenne mondiale de l’IPC est tombée à 42 points, le niveau le plus bas depuis plus d’une décennie, et 122 pays obtiennent un score inférieur à 50 points, ce qui suggère que la corruption est perçue comme un problème répandu dans le secteur public à travers le monde.

