Législatives du 11 janvier : “La fidélité à ses convictions vaut mieux que la compromission”, dixit Jacques Ayadji
Au lendemain des élections législatives du 11 janvier, le parti Moele-Bénin n’a pas réussi à franchir le seuil des 10 % de suffrages exprimés au plan national, condition exigée par le Code électoral pour accéder à la répartition des sièges à l’Assemblée nationale. Une contre-performance électorale qui prive ainsi la formation politique de Jacques Ayadji de la possibilité d’activer son accord de gouvernance conclu avec les autres partis de la mouvance présidentielle. Face à cette situation, le président de Moele-Bénin a choisi de rompre le silence à travers une déclaration à forte portée symbolique et politique.
Sans céder au découragement ni au reniement, Jacques Ayadji assume le résultat et inscrit l’action de son parti dans une temporalité plus longue. « Le propre d’un éclaireur est d’être en avance sur son temps », affirme-t-il d’entrée, suggérant que l’échec électoral du moment ne saurait être assimilé à un échec politique définitif. Pour le leader de Moele-Bénin, l’incompréhension ou la faible adhésion immédiate de l’électorat ne constituent pas nécessairement une invalidation du projet politique porté par son parti.
Dans un paysage politique béninois marqué par la concentration des forces autour de grandes formations capables de franchir les seuils électoraux, Moele-Bénin se retrouve une nouvelle fois confronté à la dure réalité des règles du jeu. Mais loin d’y voir une raison d’abdiquer, Jacques Ayadji plaide pour la persévérance. « Si on se retrouve un moment ou un autre dans ce cas, on n’abdique pas, on ne rebrousse pas chemin », martèle-t-il, réaffirmant la volonté de son parti de poursuivre son engagement politique en dehors de l’hémicycle.
Cette posture se veut un message autant à l’endroit des militants qu’à l’opinion publique. Le président de Moele-Bénin insiste sur la nécessité de « prendre date », c’est-à-dire de continuer à exister politiquement, à structurer le parti et à défendre ses idées, malgré l’absence de représentation parlementaire. Pour lui, la trajectoire politique ne se mesure pas uniquement à l’aune d’un scrutin, aussi déterminant soit-il.
Jacques Ayadji va plus loin en opposant la constance idéologique à ce qu’il qualifie implicitement de compromission politique. « Loin d’être une marque de naïveté, la fidélité à ses convictions vaut mieux que la compromission », soutient-il. Une phrase qui résonne comme une profession de foi, dans un contexte où les alliances, repositionnements et calculs stratégiques sont souvent perçus par l’opinion comme des renoncements aux idéaux de départ.
Si Moele-Bénin n’a pas réussi à tirer son épingle du jeu lors des législatives du 11 janvier, la déclaration de son président traduit néanmoins une volonté claire : rester un acteur politique à part entière, fidèle à sa ligne et déterminé à poursuivre son combat. Reste à savoir si cette constance revendiquée saura, à terme, se traduire par une meilleure adhésion populaire et un ancrage électoral plus solide.
En attendant, Jacques Ayadji assume le rôle de l’« éclaireur », convaincu que le temps politique finira par donner raison à ceux qui choisissent la fidélité aux convictions plutôt que les raccourcis de circonstance.

