Cinéma africain : Disparition brutale de l’actrice sénégalaise Halima Gadji
Le monde du cinéma et des séries africaines est en deuil. Halima Gadji, actrice sénégalaise âgée de 36 ans, est décédée le lundi 26 janvier 2026 à Paris, des suites d’un malaise. Figure emblématique du petit écran africain, elle s’était imposée comme l’un des visages les plus marquants de sa génération grâce à son rôle de Marème Dial dans la série à succès Maîtresse d’un homme marié.
L’annonce de sa disparition a provoqué une onde de choc bien au-delà des frontières du Sénégal. Des hommages affluent de Côte d’Ivoire, du Mali, du Niger, du Bénin, mais aussi de France, témoignant de l’impact profond qu’avait l’actrice sur le public africain et diasporique. Sur les réseaux sociaux, anonymes et personnalités saluent la mémoire d’une femme libre, courageuse et engagée.
Révélée au grand public à partir de 2019, Halima Gadji devient rapidement une icône populaire grâce à son interprétation de Marème Dial, personnage central de Maîtresse d’un homme marié. Elle y incarne une femme à la fois forte et vulnérable, assumant une relation avec un homme marié, chef d’entreprise dans l’immobilier. Un rôle audacieux qui fait exploser les audiences et transforme chaque épisode en véritable débat de société.
À travers ce personnage, Halima Gadji bouscule les normes sociales et met en lumière les doubles standards qui entourent la sexualité féminine. Régulièrement critiquée, voire attaquée, pour ce rôle jugé « immoral » par certains, l’actrice n’a jamais reculé. Elle expliquait que ces réactions traduisaient surtout « la différence de regard que la société porte sur les hommes et sur les femmes lorsqu’il s’agit de liberté et de désir ».
Mais Halima Gadji ne se limitait pas à son travail d’actrice. Connue pour son franc-parler, elle s’était engagée ces dernières années dans un combat délicat mais essentiel : briser le tabou autour de la santé mentale en Afrique. Elle avait publiquement évoqué ses périodes de mal-être, appelant à reconnaître la réalité de la souffrance psychologique, souvent minimisée ou spiritualisée dans les sociétés africaines.
Cet engagement lui a valu autant d’admiration que de critiques. Dans une vidéo publiée quelques jours avant sa mort, elle dénonçait les attaques dont elle se disait victime, illustrant la violence symbolique et sociale que subissent encore les femmes qui osent parler librement de leurs fragilités.
Sur le réseau X, une internaute résumait l’émotion collective en ces mots :
« Le décès de Halima Gadji nous rappelle une chose essentielle : la dépression est réelle, même chez les Africains. Ce n’est ni une faiblesse, ni un manque de foi. »
La disparition brutale d’Halima Gadji laisse un vide immense dans le paysage culturel africain. Actrice talentueuse, femme engagée et voix singulière, elle aura incarné une génération de femmes décidées à parler vrai, à s’affirmer et à refuser le silence.
A 36 ans, Halima Gadji s’en va trop tôt, mais son héritage artistique et humain continuera de nourrir les débats, d’inspirer et de rappeler que l’art peut être un puissant levier de transformation sociale.

