Tension entre Rabat et Dakar : Sonko appelle à l’apaisement après l’interpellation de supporters sénégalais
A la suite de l’interpellation de supporters sénégalais à Rabat, le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, a réagi par un message empreint de fermeté diplomatique et d’appel au calme. Après un entretien avec son homologue marocain Aziz Akhannouch, Dakar et Rabat réaffirment leur volonté commune de préserver des relations historiques solides et de circonscrire l’incident au strict cadre sportif.
L’interpellation de supporters sénégalais à Rabat, a suscité une vive émotion sur les réseaux sociaux et dans certains médias. Face à la montée des spéculations et des interprétations parfois alarmistes, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a tenu à clarifier la position officielle de son gouvernement, privilégiant la voie diplomatique et l’apaisement.
Dans une déclaration rendue publique, Ousmane Sonko a indiqué s’être « longuement entretenu » avec son homologue marocain, le Premier ministre Aziz Akhannouch. Cet échange de haut niveau s’est inscrit, selon lui, « sous les hautes instructions » de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et du président sénégalais Bassirou Diomaye Diakhar Faye. Les deux responsables gouvernementaux ont convenu de poursuivre leurs efforts communs « dans un esprit d’apaisement, de sérénité et de détente », afin de consolider les liens « séculaires et très profonds » qui unissent le Sénégal et le Royaume du Maroc.
Un suivi diplomatique étroit de la situation
Le gouvernement sénégalais a tenu à rassurer l’opinion publique en affirmant qu’il suit « attentivement » la situation des supporters interpellés à Rabat. Ce suivi se fait en coordination étroite avec les autorités consulaires et diplomatiques sénégalaises accréditées, ainsi qu’avec les autorités marocaines. Ousmane Sonko a également élargi cette vigilance à la situation globale des compatriotes sénégalais vivant au Maroc, soulignant l’importance de leur protection et du respect de leurs droits.
Dans le même temps, le chef du gouvernement sénégalais a appelé à la prudence face aux informations circulant, notamment sur les réseaux sociaux. Il a mis en garde contre des flux de communication « qui relèvent, pour la plupart, de la désinformation », invitant les citoyens à s’en tenir aux sources officielles. Un message destiné à calmer les tensions et à éviter toute escalade nourrie par des rumeurs ou des interprétations hâtives.
Un incident à ne pas politiser
Pour Dakar comme pour Rabat, l’épisode ne saurait dépasser « le simple cadre sportif ». Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité de « dépassionner » cet incident, appelant les compatriotes sénégalais, leurs homologues marocains et l’ensemble des amis des deux pays à faire preuve de retenue. « Nos défis communs sont autrement plus importants », a-t-il rappelé, soulignant que les enjeux régionaux, économiques et diplomatiques requièrent une coopération renforcée plutôt que des crispations ponctuelles.
Cette posture traduit la volonté des autorités sénégalaises de ne pas laisser un incident isolé entacher une relation bilatérale construite sur plusieurs décennies de coopération politique, économique, culturelle et religieuse. Le Maroc demeure en effet un partenaire stratégique du Sénégal en Afrique de l’Ouest et sur la scène internationale.
La relance d’un cadre bilatéral majeur
Dans ce contexte, les deux Premiers ministres se sont « réciproquement réjouis » de la tenue prochaine de la 15e session de la Grande Commission mixte entre le Sénégal et le Maroc, prévue du 26 au 28 janvier à Rabat. Cette rencontre bilatérale de haut niveau, qui ne s’était plus tenue depuis 2013 à Dakar, marque une étape importante dans la relance et la structuration de la coopération entre les deux États.
La date de cette session avait été programmée d’un commun accord à la fin du mois de décembre 2025, bien avant l’incident de Rabat, ce qui renforce l’idée que les relations entre Dakar et Rabat s’inscrivent dans une dynamique de long terme, indépendante des aléas conjoncturels.

